Fiscalité des métaux précieux au Luxembourg
Le Luxembourg impose les gains sur métaux précieux selon des règles qui n'ont aucun équivalent en France ni en Belgique. Le gain d'un particulier est un « bénéfice de spéculation » — un revenu net divers — uniquement si le métal a été vendu moins de six mois après l'acquisition. Passé ce délai, le gain ne devient pas « exonéré » : il n'entre tout simplement dans aucune des catégories de revenus définies par l'article 10 de la loi concernant l'impôt sur le revenu (L.I.R.). Ce point de départ sépare radicalement le droit luxembourgeois des régimes voisins : les règles françaises, belges et allemandes ne s'appliquent pas ici, et aucune d'entre elles ne permet de déduire la solution luxembourgeoise, qui repose sur la seule durée de détention.
La TVA suit une logique propre : l'or d'investissement est exonéré par une disposition expresse de la loi TVA, tandis que l'argent, le platine et le palladium restent soumis au taux normal de 17 %. Les objets de collection, eux, bénéficient depuis le 1er janvier 2025 d'un taux réduit de 8 %. La frontière entre ces régimes dépend de critères précis que ce guide expose au texte de la loi, avec les quatre critères cumulatifs qui définissent une pièce d'or d'investissement et les cas dans lesquels l'autoliquidation s'applique — ou ne s'applique pas.
Les droits de succession complètent le tableau. L'article 24 de la loi du 27 décembre 1817 exempte en ligne directe, entre époux et entre partenaires enregistrés les parts qui leur reviennent — mais la portée exacte de cette exemption, et les tarifs applicables en ligne collatérale, méritent une lecture attentive avant tout projet de transmission. Ce guide s'appuie exclusivement sur les textes coordonnés en vigueur au 1er janvier 2026 et les informations publiées par l'Administration des contributions directes (ACD) et l'Administration de l'enregistrement, des domaines et de la TVA (AED). Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.
Par Markus Markert · Dernière mise à jour : 23 août 2026
Sommaire
- Impôts sur les métaux précieux au Luxembourg : ce que la loi dit vraiment
- Le bénéfice de spéculation : une notion proprement luxembourgeoise
- Calcul du gain imposable et déduction des frais
- La franchise de 500 euros : pas un abattement
- Le gain après six mois : défaut de fait générateur, pas exonération
- TVA sur les métaux précieux : or exonéré, autres métaux à 17 %
- Les quatre critères cumulatifs de l'or d'investissement
- Exonération TVA et défaut de fait générateur : deux constructions différentes
- Autoliquidation et option pour la taxation
- Revenus nets divers : déclaration, formulaire et sanctions
- Fiscalité des non-résidents
- Suppression de l'impôt sur la fortune
- Droits de succession sur les métaux précieux
- L'exonération de l'Art. 24 : lignes directes, époux et partenaires
- Tarifs et majoration des droits de succession
- Évaluation, déclaration et délais
- Transmission entre vifs : droits d'enregistrement et don manuel
- Documentation, preuves et obligations pratiques
- Fiscalité : pourquoi ce texte ne remplace pas un conseiller
Nous ne vendons pas de métaux précieux et ne recommandons aucun vendeur. Chaque chiffre s'appuie sur un texte publié au Journal officiel du Grand-Duché, sur une information officielle de l'ACD, de l'AED ou du Commissariat aux Assurances, ou sur des données de marché professionnelles — jamais sur le tarif d'un commerçant. Aucune recommandation d'achat, aucune prévision.
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Impôts sur les métaux précieux au Luxembourg : ce que la loi dit vraiment
Trois grandes erreurs de lecture circulent dès qu'on cherche « fiscalité or Luxembourg » en ligne. La première est de supposer que les règles étrangères s'appliquent ici, parce que la langue de recherche est la même. La deuxième est de transposer les cinq ans de la lettre a) de l'article 99bis — qui ne visent que les immeubles — aux métaux précieux, alors que la lettre b) fixe six mois pour tous les autres biens. La troisième est de confondre la franchise de 500 euros — un seuil de déclenchement — avec un abattement déductible.
Avertissement
Aucune taxe forfaitaire sur les métaux précieux n'existe en droit luxembourgeois, et aucun prélèvement libératoire ne frappe le prix de vente. Le mot « métaux précieux » ne figure pas une seule fois dans le L.I.R. Le régime applicable repose sur la seule durée de détention, et toute transposition de règles françaises, belges ou allemandes est une erreur de droit.
Le droit luxembourgeois connaît, en matière de cessions à titre onéreux de biens du patrimoine privé, une seule catégorie de revenus pertinente pour les métaux précieux : les revenus nets divers au sens de l'article 99, numéro 1 du L.I.R. Ces revenus ne sont imposables que s'ils constituent un bénéfice de spéculation au sens de l'article 99bis — c'est-à-dire si le bien a été cédé dans les six mois suivant son acquisition.
| Élément du régime luxembourgeois | Contenu | Fondement |
|---|---|---|
| Catégorie de revenus | revenus nets divers |
Art. 99, n° 1 L.I.R. |
| Imposable uniquement si | durée de détention de six mois ou moins | Art. 99bis, al. 1, n° 1, lit. b L.I.R. |
| Au-delà de six mois | aucun fait générateur — et non une exonération | Art. 10 combiné à l'Art. 99, a contrario Art. 115 |
| Franchise annuelle | 500 euros sur le bénéfice total de l'année civile | Art. 99bis, al. 2 L.I.R. |
| Taux | tarif progressif, 0 % jusqu'à 13 230 euros | Art. 118 L.I.R. |
| Contribution au fonds pour l'emploi | 7 %, portée à 9 % au-delà des seuils de revenu | loi modifiée du 30 juin 1976 |
| Déclaration | modèle 100, rubrique D, section B, champs 1109/1110 |
formulaire 100 F 2025 |
Ce tableau ne compare pas des régimes étrangers, et c'est volontaire : les règles françaises, belges et allemandes ne s'appliquent pas ici, et le régime luxembourgeois ne se déduit d'aucune d'entre elles. Chaque ligne renvoie à une disposition luxembourgeoise précise, dans le texte coordonné en vigueur au 1er janvier 2026 — c'est la seule base de lecture admissible.
Le bénéfice de spéculation : une notion proprement luxembourgeoise
L'article 99bis, alinéa 1, numéro 1 du L.I.R. (texte coordonné en vigueur au 1er janvier 2026) définit la notion dans un seul et même alinéa :
« Les biens sont censés récemment acquis lorsque l'intervalle entre l'acquisition ou la constitution et la réalisation ne dépasse pas : a) cinq ans pour les immeubles ; b) six mois pour les autres biens. »
Un métal précieux est un « autre bien » au sens de la lettre b). Le délai applicable est donc de six mois, et non de cinq ans. Toute source citant cinq ans pour un métal précieux s'appuie sur la lettre a), valable pour les immeubles.
La nature du bénéfice de spéculation
Le bénéfice de spéculation (« revenu provenant de plus-values réalisées lors de la cession de biens du patrimoine privé ») est classé parmi les revenus nets divers de l'article 99 L.I.R. Ce n'est pas un revenu du capital, ce n'est pas un revenu professionnel, et ce n'est pas une plus-value au sens où l'entendent d'autres systèmes.
Le taux applicable est le taux progressif de l'impôt sur le revenu (Art. 118 L.I.R.), qui s'établit en 2026 comme suit :
| Tranche de revenu imposable | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 13 230 euros | 0 % |
| Au-delà de 13 230 euros | tarif progressif par tranches |
| À partir de 234 870 euros | 42 % (taux marginal supérieur) |
À ce taux s'ajoute la contribution au fonds pour l'emploi (« loi modifiée du 30 juin 1976 ») : 7 % de l'impôt dû, portée à 9 % pour les contribuables dont le revenu imposable dépasse 150 000 euros (classes 1 et 1a) ou 300 000 euros (classe 2). La charge fiscale maximale atteint donc 42 % × 1,09 = 45,78 %.
Remarque
Un gain de spéculation réalisé sur de l'or physique n'est jamais soumis à une retenue à la source ni à un prélèvement libératoire. Il est déclaré et imposé avec l'ensemble des revenus de l'année, selon le barème progressif. Sur le modèle 100, les champs 1137/1138 concernent la contribution dépendance et ne sont pas ceux du bénéfice de spéculation — la déclaration se fait en rubrique D, section B, champs 1109/1110.
Quand le délai de six mois commence-t-il à courir ?
Le délai court à compter de la date d'acquisition — c'est-à-dire, pour un achat ordinaire, la date de la facture ou de la livraison. Pour les métaux reçus par succession ou donation, l'article 102, alinéas 3 et 4 L.I.R. prévoit une règle particulièrement favorable : le prix d'acquisition et la date d'acquisition du dernier acquéreur à titre onéreux sont retenus. Si le défunt détenait le métal depuis plus de six mois, le gain est immédiatement hors champ pour l'héritier — la succession ne remet pas le compteur à zéro.
Important
L'échange est assimilé à une cession (Art. 102, al. 1a L.I.R.) : céder de l'argent contre de l'or, ou donner un lingot en reprise lors d'un achat chez un négociant, constitue une réalisation au prix de marché, et une nouvelle période de six mois commence pour le bien reçu.
Calcul du gain imposable et déduction des frais
Le gain imposable se calcule ainsi, selon l'article 99bis, alinéa 2, combiné aux articles 102, alinéa 2 et 25, alinéa 1 L.I.R. :
Bénéfice de spéculation =
Prix de cession
− Prix d'acquisition (y compris la prime payée au négociant)
− Frais d'obtention (frais accessoires d'acquisition et de cession)
La prime payée au négociant (le différentiel entre le cours spot et le prix de vente) fait partie du prix d'acquisition, et non des frais d'obtention. Elle réduit donc directement le gain imposable.
Exemple de calcul (date de référence : année d'imposition 2026)
Un résident luxembourgeois achète en mars 2026 un lingot d'or d'une once pour 2 650 euros (prime incluse). Il le revend en août 2026 — soit environ cinq mois après l'achat — pour 2 950 euros. Les frais de transport et d'assurance pour la revente s'élèvent à 25 euros.
Bénéfice de spéculation = 2 950 − 2 650 − 25 = 275 euros
Ce gain de 275 euros est inférieur à la franchise de 500 euros de l'article 99bis, alinéa 2 L.I.R. L'ensemble du bénéfice de spéculation de l'année reste donc en dessous du seuil — à condition que les autres bénéfices de spéculation de la même année civile (or, argent, valeurs mobilières à court terme, cryptomonnaies) n'y ajoutent pas de quoi dépasser cette limite.
Le même lingot revendu en novembre 2026 — soit plus de six mois après mars 2026 — ne génère aucun bénéfice de spéculation imposable : le fait générateur de l'impôt n'est pas constitué.
La déductibilité des frais de garde et de coffre
⚠️ L'article 105, alinéa 4 L.I.R. conditionne la déduction des frais d'obtention au lien avec des revenus imposables. Si un contribuable détient principalement des métaux au-delà du délai de six mois — et que la plupart de ses cessions n'entrent dans aucune catégorie de revenus — la déductibilité des frais de garde ou de coffre-fort reste une question ouverte : ni la loi, ni les circulaires, ni l'ACD ne se sont prononcés à ce sujet. Cette question ne peut pas être tranchée dans ce guide.
La franchise de 500 euros : pas un abattement
L'article 99bis, alinéa 2, deuxième phrase L.I.R. dispose :
« Les bénéfices de spéculation ne sont pas imposables, lorsque le bénéfice total réalisé pendant l'année civile est inférieur à 500 euros. »
Trois précisions essentielles découlent de ce texte.
1. C'est un seuil de franchise, pas un abattement
La formule « inférieur à » signifie que dès que le bénéfice total atteint exactement 500 euros, la totalité du montant devient imposable — il n'y a pas de déduction forfaitaire de 500 euros. Un bénéfice de 499 euros est entièrement hors imposition ; un bénéfice de 500 euros est entièrement imposable.
Attention
Cette mécanique de seuil est fondamentalement différente d'un abattement, qui viendrait en déduction du montant imposable. Quiconque raisonne en termes d'abattement sous-estime systématiquement le montant imposable aux abords de 500 euros : à 500 euros exactement, ce sont bien 500 euros — et non zéro — qui entrent dans le revenu imposable.
2. C'est une appréciation sur le total annuel
Le seuil de 500 euros s'applique au bénéfice total réalisé pendant l'année civile — en additionnant l'or, l'argent, les valeurs mobilières à court terme et les cryptomonnaies détenus moins de six mois et cédés dans la même année. Ce n'est pas un seuil par cession ou par métal.
3. La deuxième franchise de l'article 99 est distincte
L'article 99, numéro 3 L.I.R. prévoit une deuxième franchise de 500 euros, distincte, pour les revenus provenant de prestations occasionnelles (travaux ponctuels, activités accessoires non professionnelles). Ces deux seuils s'appliquent chacun à leur propre catégorie de revenus, et ne s'additionnent pas : un contribuable qui réalise 490 euros de bénéfice de spéculation et 490 euros de revenus de prestations occasionnelles ne dépasse aucun des deux seuils, même si leur somme dépasse 500 euros.
Le seuil de déclenchement de la taxation et l'alinéa 5
Entre 500 et 600 euros de bénéfice de spéculation, la situation est nuancée. Un salarié ou un rentier est soumis à la déclaration d'impôt lorsque ses revenus non soumis à la retenue à la source dépassent 600 euros nets (Art. 153, al. 1, n° 2 L.I.R.). Un bénéfice de spéculation compris entre 500 euros et 600 euros est imposable, mais ne déclenche pas, à lui seul, l'obligation de déposer une déclaration. Par ailleurs, l'article 153, alinéa 5 prévoit, pour les contribuables dont le revenu est principalement soumis à la retenue à la source, un abattement équivalent à la différence entre 1 200 euros et les revenus nets divers non soumis à retenue — ce qui peut, en pratique, réduire à zéro la charge effective sur un bénéfice compris entre 500 et 600 euros. Ces mécanismes ne peuvent être réduits à une règle simple, et leur application dépend de la situation individuelle du contribuable.
Le gain après six mois : défaut de fait générateur, pas exonération
Ce point est la clé de voûte du régime luxembourgeois, et il importe de le formuler avec précision.
Lorsque plus de six mois se sont écoulés entre l'acquisition et la cession d'un métal précieux, le gain réalisé n'entre dans aucune des catégories de revenus définies à l'article 10 L.I.R. L'article 10 dresse une liste exhaustive des huit catégories d'imposition ; l'article 99 définit les revenus nets divers ; et l'article 99bis restreint le bénéfice de spéculation aux biens cédés dans les délais qu'il prévoit. Passé six mois, le gain ne tombe dans aucune de ces catégories — il n'y a pas de fait générateur.
Important
Ce n'est pas une exonération au sens d'une dispense prévue par la loi pour un revenu par ailleurs imposable. Le Chapitre V du L.I.R. (« Exemptions », articles 115 et suivants) ne contient aucun texte qui exonèrerait les plus-values sur biens meubles du patrimoine privé. C'est simplement l'absence de fait générateur qui fait que le gain ne peut être imposé — une construction juridique différente, qui produit certes le même résultat pratique, mais qui doit être qualifiée correctement.
La distinction n'est pas un raffinement académique. Dans ce même guide, la TVA sur l'or d'investissement constitue une vraie exonération (Art. 56quater, § 3 loi TVA : « Sont exonérées »). Les droits de succession pour certains proches constituent une vraie exemption personnelle (Art. 24 loi du 27 décembre 1817 : « Est exempt du droit de succession »). Ces trois constructions coexistent dans le même ordre juridique et ne doivent pas être confondues.
Tableau des constructions juridiques
| Situation | Construction | Texte | Formulation correcte |
|---|---|---|---|
| Gain sur métal après plus de 6 mois | Défaut de fait générateur | Art. 10 combiné à l'Art. 99, a contrario Art. 115 |
« le gain n'entre dans aucune des catégories de l'Art. 10 » |
| TVA sur or d'investissement | Vraie exonération | Art. 56quater, § 3 loi TVA (« Sont exonérées ») |
« exonéré de TVA » |
| Droits de succession en ligne directe | Vraie exemption personnelle | Art. 24 loi du 27 décembre 1817 |
« exempt du droit de succession » |
| Biens meubles d'un non-résident décédé | Défaut de fait générateur | droit de mutation par décès — disposition non prévue |
« aucune imposition n'est prévue » |
TVA sur les métaux précieux : or exonéré, autres métaux à 17 %
La loi TVA luxembourgeoise (loi modifiée du 12 février 1979, texte coordonné au 1er janvier 2026, AED-PDF) traite les métaux précieux de manière asymétrique.
Le taux normal et ses exceptions
L'article 39, § 3 de la loi TVA fixe le taux normal à 17 %. Les taux réduits (14 %, 8 %, 3 %) sont limitativement énumérés dans les annexes. L'article 40, § 2 soumet au taux normal tout bien ou service qui ne figure pas dans les annexes A, B ou C — et aucun métal précieux (sauf l'or d'investissement par la voie de l'article 56quater) n'y figure.
Remarque
Le taux de 16 % n'est pas une coquille : il a été appliqué exclusivement du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023, en vertu de la loi du 26 octobre 2022. Il a expiré depuis. Toute source datant de 2023 qui mentionne 16 % est obsolète pour 2026.
| Bien | Traitement TVA | Fondement |
|---|---|---|
| Or d'investissement (barres ≥ 995/1000, pièces qualifiées) | Exonéré (livraison, acquisition intracommunautaire et importation) | Art. 56quater, § 3 loi TVA |
| Barres et plaquettes d'or de moins d'1 gramme | 17 % | Art. 56quater, § 2, lit. a, a. E. |
| Barres d'argent, de platine, de palladium | 17 % | Art. 40, § 2 |
| Pièces d'argent, de platine, de palladium | 17 % | Art. 40, § 2 ; non exonérées comme moyen de paiement |
| Objets de collection (KN 9705) | 8 % depuis le 1er janvier 2025 | Annexe A, point 11° combinée à l'Annexe E, partie B |
| Importation d'or par les banques centrales | Exonérée | Art. 46, § 1, lit. h |
⚠️ La question de savoir si une pièce d'argent, de platine ou de palladium courante (Maple Leaf Argent, Philharmonique Platine…) relève de la catégorie « objets de collection » (KN 9705) au taux de 8 %, plutôt que du code douanier KN 7118 au taux de 17 %, est une question ouverte. Elle dépend d'une décision de classement tarifaire qu'aucune autorité luxembourgeoise n'a rendue publique. Ce guide ne tranche pas cette question dans un sens ni dans l'autre.
Les quatre critères cumulatifs de l'or d'investissement
L'article 56quater, § 2 de la loi TVA définit l'« or d'investissement » (« or d'investissement ») selon deux configurations alternatives, mais chacune comporte des conditions qui doivent toutes être remplies.
Barres et plaquettes
Une barre ou une plaquette est de l'or d'investissement si elle remplit les trois conditions suivantes :
- Titre (pureté) d'au moins 995/1000 ;
- Poids « accepté sur les marchés de l'or » — la loi ne définit pas ce critère, et son interprétation reste ouverte ;
- Poids d'au moins 1 gramme — les barres et plaquettes inférieures à 1 gramme sont expressément exclues.
Pièces : quatre critères cumulatifs
Une pièce d'or est de l'or d'investissement si elle répond simultanément aux quatre conditions suivantes :
- Titre d'au moins 900/1000 ;
- Frappée après 1800 ;
- « ont ou ont eu cours légal dans leur pays d'origine » — la formulation « ont ou ont eu » est décisive : une pièce retirée de la circulation reste qualifiée si elle a eu cours légal ;
- Prix de vente ne dépassant pas 80 % au-dessus de la valeur marchande du contenu en or.
Ce quatrième critère mérite un calcul explicite. Si une once d'or vaut 2 800 euros, la valeur du métal contenu dans une pièce d'or d'une once est 2 800 euros. Le prix de vente maximum pour que la pièce reste qualifiée est :
Prix maximum = valeur de l'or contenu × 1,80
= 2 800 € × 1,80 = 5 040 €
Une pièce vendue à 5 040 euros ou moins reste de l'or d'investissement. Au-delà, la prime numismatique est trop importante et la pièce perd son statut d'or d'investissement pour la TVA — elle est alors soumise au taux de 17 % (ou, si elle est reconnue comme objet de collection, au taux de 8 %).
La liste de l'Union européenne
La loi TVA luxembourgeoise renvoie à la liste publiée au Journal officiel de l'Union européenne, partie C. Pour 2026, la liste applicable est le C/2025/5923 du 14 novembre 2025. Cette liste n'est pas exhaustive : une pièce qui n'y figure pas peut néanmoins être exonérée si elle satisfait aux quatre critères. La liste figure dans le guide sur l'achat d'or au Luxembourg avec les onze valeurs nominales luxembourgeoises qui y sont inscrites.
Astuce
La facture d'achat doit permettre d'établir que la pièce ou la barre satisfaisait aux critères au moment de la transaction. Conserver la facture avec la description du produit (titre, poids, type) simplifie la justification en cas de contrôle.
Exonération TVA et défaut de fait générateur : deux constructions différentes
Dans la même loi TVA luxembourgeoise, deux types d'absence d'imposition coexistent — et ils ont des effets juridiques distincts.
L'exonération de l'or d'investissement à l'article 56quater, § 3 est formulée comme suit : « Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons, les acquisitions intracommunautaires et les importations d'or d'investissement ». Il s'agit d'une dispense expresse : sans ce texte, la livraison serait taxable.
À l'inverse, l'article 56ter-3, § 4 prévoit, pour l'acquisition intracommunautaire d'un objet de collection dans l'État d'expédition soumis au régime de la marge, que cette acquisition « n'est pas soumise à la TVA ». La formulation est différente : il n'y a pas d'exonération, mais absence d'assujettissement.
Cette distinction est importante pour l'option ouverte aux producteurs et transformateurs. L'article 56quater, § 4 permet à un producteur ou transformateur d'or d'investissement d'opter pour la taxation en faveur d'un autre assujetti. Cette option ne concerne jamais un acheteur particulier : elle s'adresse exclusivement aux professionnels du secteur de l'or en amont de la chaîne de distribution.
L'autoliquidation (reverse charge)
Depuis le 1er janvier 2024, un mécanisme d'autoliquidation (reverse charge) s'applique aux métaux bruts et mi-ouvrés, en application de l'article 61, § 3, alinéa 1, littera f de la loi TVA, combiné à l'Annexe F (introduite par la loi du 22 décembre 2023). Il ne faut pas le confondre avec le régime de la marge bénéficiaire : celui-ci est exclu pour les métaux précieux, l'article 56ter, § 1, point 1 de la loi TVA écartant expressément de la définition des biens d'occasion les biens « autres que des métaux précieux ou des pierres précieuses ». Ce mécanisme d'autoliquidation s'applique :
- uniquement entre assujettis (le destinataire doit être identifié à la TVA au Luxembourg et ne pas être un micro-entrepreneur) ;
- uniquement pour un montant net supérieur à 10 000 euros par facture : l'article 61, § 3, alinéa 2 maintient la TVA à la charge du fournisseur lorsque la rémunération « ne dépasse pas 10 000 euros hors taxe » — à exactement 10 000 euros, l'autoliquidation ne s'applique donc pas encore ;
- l'or d'investissement est expressément exclu de ce mécanisme ;
- les pièces ne sont pas visées par l'Annexe F (les codes KN 7118 et KN 9705 ne figurent pas dans le texte, vérifié en lecture intégrale).
Attention
L'autoliquidation ne permet jamais à un acheteur particulier d'acquérir de l'argent, du platine ou du palladium « sans TVA ». Ce régime est réservé aux transactions professionnelles B2B dont le montant net dépasse 10 000 euros.
Autoliquidation et option pour la taxation
L'Annexe F de la loi TVA luxembourgeoise liste les métaux concernés par le régime d'autoliquidation : argent brut et mi-ouvré (KN 7106/7107), or brut et mi-ouvré (KN 7108/7109), platine brut et mi-ouvré (KN 7110/7111).
La question du palladium
L'Annexe F, dans la ligne concernée, mentionne uniquement le mot « Platine ». Le palladium et le rhodium sont couverts par le même régime, mais cela résulte de la note explicative au Chapitre 71 de la Nomenclature combinée, non du texte de l'annexe luxembourgeoise. Ce point est documenté dans le guide sur le platine et le palladium au Luxembourg.
Obligation de documentation TVA
L'article 56quater, § 6 impose aux assujettis de conserver les documents permettant l'identification du client lors de transactions portant sur de l'or d'investissement à partir de 15 000 euros, pendant cinq ans minimum. Cette obligation est distincte du seuil d'identification de 10 000 euros en espèces applicable en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux : la première est une règle de TVA sur la conservation des pièces, le second une règle de vigilance de la Loi LBC/FT. Deux matières juridiques distinctes, deux logiques distinctes — le seuil d'identification de 10 000 euros en espèces n'est ni une franchise ni un abattement : en dessous, rien n'est « exonéré », et au-dessus, rien n'est imposé ; seule l'obligation d'identifier le client se déclenche. Le détail du seuil d'identification de 10 000 euros et des règles d'identification du client est traité dans le guide sur l'achat d'or au Luxembourg.
Revenus nets divers : déclaration, formulaire et sanctions
Le formulaire et les champs à remplir
Le bénéfice de spéculation est déclaré dans le modèle 100, Rubrique D (« Revenus nets divers »), section B — « Revenu provenant de plus-values réalisées lors de la cession de biens du patrimoine privé » —, à la ligne « Bénéfice de spéculation », champs 1109 et 1110.
Avertissement
La Rubrique D du modèle 100 contient deux lignes intitulées « Bénéfice de spéculation ». La section A (champs 1101–1104) concerne les cessions à titre onéreux de participations importantes — il n'est pas applicable aux métaux précieux. Seule la section B (champs 1109/1110) est pertinent. Les champs 1137/1138 concernent la contribution dépendance et n'ont rien à voir avec le bénéfice de spéculation.
Le formulaire renvoie, pour la section B, à l'annexe modèle 700. La version 2025 de ce modèle est intitulée « cession de biens immobiliers du patrimoine privé ». La question de savoir si l'ACD exige la même annexe pour les biens meubles reste ouverte — ce guide ne peut pas y répondre.
La date limite de dépôt de la déclaration est le 31 décembre de l'année suivant l'année d'imposition. Cette date figure sur le formulaire et sur guichet.lu ; elle a été introduite par la loi budgétaire du 23 décembre 2022. L'article 116 L.I.R. lui-même ne contient aucune date : il se limite à prévoir une autorisation de règlement grand-ducal.
Sanctions
Trois niveaux de sanction sont prévus par la loi générale des impôts du 22 mai 1931 :
- Majoration de retard jusqu'à 10 % de l'impôt dû (§ 168, alinéa 2) en cas de déclaration tardive ;
- Intérêts de retard au taux de 0,6 % par mois de retard dans le paiement ;
- Délai de prescription de cinq ans pour la prescription normale, et de dix ans en cas de non-dépôt de déclaration ou de sous-déclaration — même sans intention frauduleuse (article 10 de la loi du 27 novembre 1933). ⚠️ La durée de ces délais est documentée ; leur point de départ est, selon les sources, soit le 31 décembre de l'année pour laquelle l'impôt est dû, soit le 1er janvier suivant — une incohérence que ce guide ne tranche pas.
La preuve incombe au contribuable
La charge de la preuve relative à la date d'acquisition et aux frais engagés repose sur le contribuable, en application du § 171 de la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931. L'ACD a développé cette exigence dans une circulaire du 26 juillet 2018, qui précise que la documentation doit être « cohérente et continue » et porter notamment sur la date d'acquisition « ou de création de la monnaie virtuelle ». ⚠️ Cette circulaire porte sur les cryptomonnaies ; la mention des cryptomonnaies dans le libellé doit être conservée dans toute citation — sans elle, la règle semblerait générale alors qu'elle ne l'est pas. Pour les métaux précieux portant un numéro de série, la question de la méthode d'attribution du coût en cas de cession partielle (identique FIFO, identique LIFO, ou coût moyen pondéré) reste ouverte.
Fiscalité des non-résidents
Pour les personnes physiques qui ne résident pas au Luxembourg — notamment les travailleurs frontaliers provenant d'Allemagne, de Belgique ou de France — le régime est fondamentalement différent.
L'article 156, numéro 8, littera a du L.I.R. étend les revenus d'origine luxembourgeoise aux bénéfices de spéculation de l'article 99bis, mais uniquement pour les immeubles situés au Luxembourg et les participations importantes — non pour les métaux précieux. La vente d'or acheté au Luxembourg par un non-résident luxembourgeois ne génère aucun droit d'imposition luxembourgeois sur le gain.
Remarque
Cela ne signifie pas que le gain échappe à toute imposition : le pays de résidence du vendeur peut l'imposer selon ses propres règles. Un frontalier venu d'Allemagne, de Belgique ou de France qui vend de l'or au Luxembourg reste soumis à la législation fiscale de son pays de résidence, quelle qu'elle soit. Ce guide ne traite aucune règle fiscale étrangère et n'en cite aucune — pour cette question, seul un conseiller du pays de résidence peut répondre.
De même, lors du décès d'un non-résident, la loi du 27 décembre 1817 ne soumet à un droit de mutation par décès que les immeubles situés au Luxembourg — les biens meubles (y compris les métaux précieux) d'un défunt non-résident n'entrent dans aucune catégorie d'imposition luxembourgeoise : c'est un défaut de fait générateur, non une exonération.
Suppression de l'impôt sur la fortune
L'impôt sur la fortune des personnes physiques (« impôt sur la fortune ») a été aboli à compter de l'année d'imposition 2006, en vertu de l'article 11 de la loi du 23 décembre 2005. Il n'existe donc plus aucune imposition annuelle sur la simple détention de métaux précieux par un particulier au Luxembourg. Un lingot conservé dans un coffre depuis vingt ans ne génère aucun impôt pendant cette période de détention.
Astuce
L'impôt sur la fortune des sociétés (personnes morales) a, lui, été maintenu — mais il ne concerne pas un particulier qui détient des métaux précieux à titre personnel.
Droits de succession sur les métaux précieux
Lorsqu'un résident luxembourgeois décède en laissant dans son patrimoine de l'or physique, de l'argent, du platine ou des pièces de collection, ces biens entrent dans le champ d'application de la loi du 27 décembre 1817 sur les droits de succession (droit de succession) et de mutation par décès (droit de mutation par décès). La loi prévoit un impôt sur l'ensemble de ce qui est recueilli ou acquis à partir du patrimoine d'un habitant du Grand-Duché — et habitant s'entend, selon l'article 1er, de toute personne ayant son domicile ou « le siège de sa fortune » au Grand-Duché.
Remarque
La situation des non-résidents est fondamentalement différente : au décès d'un non-résident, le droit de mutation par décès ne frappe que les immeubles situés au Luxembourg. Les métaux précieux, en tant que biens meubles, n'entrent dans aucune catégorie d'imposition luxembourgeoise — ce n'est pas une exonération, c'est un défaut de fait générateur. Le pays de résidence du défunt peut imposer selon ses propres règles.
Le tableau suivant résume les quatre grandes constructions juridiques qui coexistent dans ce guide pour un seul et même résultat pratique — l'absence d'imposition — mais dont le fondement juridique est distinct :
| Situation | Construction juridique | Norm | Formulation correcte |
|---|---|---|---|
| Gain après plus de 6 mois de détention | Défaut de fait générateur | Art. 10 L.I.R., a contrario Art. 115 |
« le gain n'entre dans aucune catégorie de l'Art. 10 » |
| TVA sur or d'investissement | Vraie exonération | Art. 56quater, § 3 loi TVA |
« exonéré de TVA » |
| Succession en ligne directe, entre époux | Vraie exemption personnelle | Art. 24 loi du 27 décembre 1817 |
« exempt du droit de succession » |
| Succession de biens meubles d'un non-résident | Défaut de fait générateur | droit de mutation par décès — aucune disposition prévue |
« aucune imposition n'est prévue » |
La base d'imposition : valeur au jour du décès
Les métaux précieux relèvent de la catégorie résiduelle « autres biens meubles » de l'article 11, littera h de la loi du 27 décembre 1817 : ils sont déclarés « par leur valeur au jour du décès, à fixer par les parties déclarantes ». C'est donc la valeur marchande au jour du décès — et non le prix d'acquisition — qui sert de base d'imposition. Pour un lingot d'or, il s'agit du cours spot à cette date ; pour des pièces bullion, de leur valeur de marché réelle.
Si les héritiers font réaliser une expertise préalable par un expert, et si cette expertise est annexée à la déclaration, l'administration ne pourra plus, selon l'article 11 a. E. combiné à l'article 16 a. E., contester la valeur déclarée. Les frais de l'expertise sont à la charge des déclarants. Inversement, la question de savoir quels moyens de preuve l'administration peut utiliser pour contester une valeur déclarée trop basse dans la déclaration est une question ouverte : le texte coordonné de l'AED ne permet pas de trancher.
Astuce
Un cours spot daté, imprimé ou exporté depuis un service de prix de référence le jour du décès, constitue une pièce justificative simple pour les lingots et les pièces cotées. Conservez-le avec la déclaration de succession.
L'exonération de l'Art. 24 : lignes directes, époux et partenaires
L'article 24 de la loi du 27 décembre 1817, sous l'intitulé « Est exempt du droit de succession et de mutation par décès », prévoit une vraie exemption personnelle — sans ce texte, le transfert de patrimoine serait soumis à l'impôt selon l'article 1er.
Sont exemptés :
- En ligne directe (ascendants, descendants) — mais uniquement dans la limite de la part légale ; si l'héritier reçoit davantage que sa quote-part légale, un tarif spécifique s'applique sur l'excédent (voir section suivante) ;
- Entre époux — 0 % sur la part légale et sur la part extralégale, quel que soit le montant ;
- Entre partenaires enregistrés ayant déposé une déclaration de partenariat depuis au moins trois ans — même régime 0 % / 0 % que les époux.
Avertissement
Un ancien taux de 5 % existait pour les époux sans enfants communs. Il est explicitement qualifié par guichet.lu de « cas particulier d'une succession ouverte avant le 1er janvier 2018 ». Ce taux est droit transitoire dépassé et ne s'applique pas à une succession de 2026.
La règle de la part légale — uniquement en ligne directe
La limitation de l'exemption à la part légale s'applique exclusivement en ligne directe, jamais entre époux ni entre partenaires. Concrètement : si un enfant reçoit, en vertu d'un testament, plus que sa quote-part successorale légale, il perd le bénéfice de l'exemption sur l'excédent. Cette règle est particulièrement importante lors de la transmission d'un portefeuille d'or physique ou d'une collection de pièces numismatiques dont la valeur excède la réserve héréditaire légale.
La table indicative de l'AED (dernière mise à jour 21.09.2023) répartit ainsi :
| Lien de parenté | Sur la part légale | Sur la part extralégale |
|---|---|---|
| Ligne directe (enfants, parents, grands-parents…) | 0 % | 2,5 % et/ou 5 % |
| Entre époux | 0 % | 0 % |
| Entre partenaires (déclaration ≥ 3 ans) | 0 % | 0 % |
⚠️ Le texte de l'article 24 lui-même est formulé sans restriction (« Tout ce qui est recueilli ou acquis, en ligne directe »). La limitation à la part légale ne figure pas dans cet article — elle résulte du régime tarifaire applicable à l'excédent, dont la norme de référence précise reste à ce jour une question ouverte.
La franchise de 1 250 euros
L'article 24, numéro 4 prévoit une franchise : si l'actif net de la succession (après déduction des dettes) n'excède pas 1 250 euros, les droits ne sont pas dus. C'est un seuil de franchise, pas un abattement — si l'actif net dépasse ce seuil, les droits sont calculés sur la totalité. Une clause d'équité est toutefois prévue : « L'impôt ne pourra toutefois pas excéder la moitié du montant de l'actif net qui dépasse la limite. »
Tarifs et majoration des droits de succession
Pour les héritiers qui ne bénéficient pas de l'exemption de l'article 24, les taux de base (selon la table de l'AED, version du 21.09.2023) s'appliquent à la valeur nette reçue. Pour un lingot d'argent ou un lingot de platine transmis en ligne collatérale, les taux sont les suivants :
| Lien de parenté | Taux de base — part légale | Taux de base — part extralégale |
|---|---|---|
| Ligne directe (si excédent) | 0 % sur la part légale | 2,5 % (part transmise par préciput) · 5 % (excédent) |
| Frères et sœurs | 6 % | 15 % |
| Oncles/tantes à neveux/nièces | 9 % | 15 % |
| Grands-oncles/grands-tantes | 10 % | 15 % |
| Tous autres et non-parents | 15 % | — |
| Communes, établissements publics, ASBL, fondations | 4 % | — |
Important
Ces taux ne constituent pas la charge finale : un majoration (coefficient multiplicateur) s'applique dès que la part nette taxable de l'héritier concerné dépasse 10 000 euros.
La majoration : un facteur, pas des points de pourcentage
🔴 La majoration est un facteur appliqué au taux de base — il se multiplie, il ne s'additionne pas. Le tableau ci-dessous donne les facteurs progressifs selon la part nette taxable du seul bénéficiaire :
| Part nette taxable | Facteur de majoration | Exemple : taux de base 6 % |
|---|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | aucune | 6 % |
| À partir de 10 000 € | 1/10 | 6 % + (6 % × 0,1) = 6,6 % |
| À partir de 20 000 € | 2/10 | 6 % + (6 % × 0,2) = 7,2 % |
| À partir de 30 000 € | 3/10 | 6 % + (6 % × 0,3) = 7,8 % |
| À partir de 40 000 € | 4/10 | 6 % + (6 % × 0,4) = 8,4 % |
| À partir de 50 000 € | 5/10 | 6 % + (6 % × 0,5) = 9 % |
| À partir de 75 000 € | 6/10 | 6 % + (6 % × 0,6) = 9,6 % |
| À partir de 100 000 € | 7/10 | 6 % + (6 % × 0,7) = 10,2 % |
| À partir de 150 000 € | 8/10 | 6 % + (6 % × 0,8) = 10,8 % |
| À partir de 200 000 € | 9/10 | 6 % + (6 % × 0,9) = 11,4 % |
| À partir de 250 000 € | 12/10 | 6 % + (6 % × 1,2) = 13,2 % |
| À partir de 380 000 € | 13/10 | 6 % + (6 % × 1,3) = 13,8 % |
| À partir de 500 000 € | 14/10 | 6 % + (6 % × 1,4) = 14,4 % |
| À partir de 620 000 € | 15/10 | 6 % + (6 % × 1,5) = 15 % |
| À partir de 750 000 € | 16/10 | 6 % + (6 % × 1,6) = 15,6 % |
| À partir de 870 000 € | 17/10 | 6 % + (6 % × 1,7) = 16,2 % |
| À partir de 1 000 000 € | 18/10 | 6 % + (6 % × 1,8) = 16,8 % |
| À partir de 1 250 000 € | 19/10 | 6 % + (6 % × 1,9) = 17,4 % |
| À partir de 1 500 000 € | 20/10 | 6 % + (6 % × 2,0) = 18 % |
| À partir de 1 750 000 € | 22/10 | 6 % + (6 % × 2,2) = 19,2 % |
Exemple de calcul pour un frère recevant un lingot d'or de 25 000 euros net, sur la part légale :
Part nette = 25 000 euros → facteur 2/10
Taux effectif = 6 % + (6 % × 0,2) = 7,2 %
Droits = 25 000 × 7,2 % = 1 800 euros
Attention
Ce calcul est illustratif, et il vaut à la date de référence indiquée. La majoration dépend de la part nette de chaque héritier individuellement — pas de l'actif brut de la succession. Un métal d'une valeur de 80 000 euros réparti entre deux frères donne à chacun 40 000 euros net, ce qui place chacun dans la tranche à 4/10 ; recueilli par un héritier unique, le même montant relèverait de la tranche à 6/10. Le tableau ci-dessus reprend les paliers publiés par l'administration ; le facteur se lit toujours sur la part nette taxable du seul bénéficiaire concerné.
Deux sanctions distinctes : déclaration et paiement
La loi du 27 décembre 1817 prévoit deux chaînes de sanction différentes qu'il ne faut pas confondre :
| Manquement | Norme | Sanction |
|---|---|---|
| Retard dans la déclaration | Art. 10 |
Sommation par huissier, délai de 15 jours ; dès la sommation : un dixième de l'impôt ; à défaut : contrainte augmentée de la moitié (amende) ; si l'impôt est nul : 25 € par semaine |
| Retard dans le paiement | Art. 23 |
Délai de six semaines à partir de la demande en paiement ; sanction : un dixième de l'impôt plus les frais de signification — et rien d'autre |
La confusion la plus coûteuse est de croire que le retard de paiement entraîne la contrainte majorée de la moitié — c'est la sanction du retard de déclaration, pas de paiement.
🔴 Par ailleurs, l'article 14 prévoit, en cas d'omission de biens meubles dans la déclaration, une amende égale au double de l'impôt éludé — mais le premier alinéa ouvre une porte : « Si les parties déclarantes rectifient la première déclaration par une déclaration supplémentaire, sans qu'il ait été fait des poursuites judiciaires, il ne pourra être exigé aucune amende. » Une autocorrection spontanée est donc possible sans pénalité, tant qu'aucune procédure n'a été engagée.
Évaluation, déclaration et délais
Délais de déclaration selon le lieu de décès
L'article 9 de la loi du 27 décembre 1817 fixe les délais pour déposer la déclaration de succession auprès de l'AED :
| Lieu du décès | Délai |
|---|---|
| Dans le Grand-Duché de Luxembourg | 6 mois |
| Dans le reste de l'Europe | 8 mois |
| En Amérique | 12 mois |
| En Afrique ou en Asie | 24 mois |
⚠️ guichet.lu mentionne Australie dans la catégorie des 24 mois ; le texte de la loi ne cite qu'Afrique et Asie. Ce guide suit la formulation légale.
Avertissement
Il n'existe pas de formulaire officiel pour la déclaration de succession : l'AED indique expressément « il est impossible d'établir un formulaire ». La déclaration est rédigée librement par les héritiers ou leur notaire et remise à l'AED. Elle doit être déposée même si aucun impôt n'est dû, et même si le défunt ne laisse rien.
Vérification et contestation de la valeur déclarée
L'article 16, alinéa 1er permet à l'administration de demander une expertise uniquement pour les immeubles situés dans le Grand-Duché et pour les créances hypothécaires sur des biens situés dans le Grand-Duché. Pour les lingots et les pièces (catégorie « autres biens meubles », art. 11 lit. h), l'administration ne dispose pas d'une base textuelle claire pour imposer une expertise contradictoire — mais les moyens dont elle dispose pour contester une valeur jugée trop basse restent une question ouverte, le texte de l'article 16 étant partiellement incomplet dans la consolidation disponible.
La prescription des droits de succession
L'article 26 de la loi du 27 décembre 1817 prévoit :
Art. 26, n° 1: cinq ans à compter de l'expiration du délai légal de déclaration (Art. 9), en cas de non-dépôt de déclaration.Art. 26, n° 3: une autre durée pour les immeubles luxembourgeois et les hypothèques (Art. 11 lit. b–e).
🔴 La catégorie résiduelle lit. h (lingots, pièces) n'est pas mentionnée à l'article 26, n° 3. La prescription applicable à une sous-évaluation de biens meubles est donc une question ouverte — ni le texte ni aucune source vérifiée ne la tranchent.
L'héritier et la nouvelle période de six mois
Un aspect crucial pour les héritiers qui envisagent de revendre les métaux reçus : l'article 102, alinéas 3 et 4 du L.I.R. prévoit que le prix d'acquisition et la date d'acquisition du dernier acquéreur à titre onéreux sont transmis à l'héritier ou au donataire. Le délai de détention du défunt est donc transféré, ce qui peut permettre de vendre immédiatement sans bénéfice de spéculation si le défunt détenait le métal depuis plus de six mois. Pour évaluer la valeur intrinsèque des pièces reçues avant de décider de la revente, le calculateur de valeur de fusion est disponible sur ce site. Si le défunt avait acquis les métaux plus de six mois avant son décès, l'héritier vend sans aucun bénéfice de spéculation dès le lendemain — le délai de six mois est déjà épuisé.
Remarque
Cet avantage s'étend aussi aux donations — l'article 102, alinéa 4 s'applique au « donataire » avec la même logique. La date et le prix d'origine du donateur sont transmis, sous réserve des dispositions d'un éventuel règlement grand-ducal non encore identifié à ce jour.
Transmission entre vifs : droits d'enregistrement et don manuel
La règle de forme : l'acte notarié obligatoire
L'article 931 du Code civil exige, pour toute donation entre vifs, la forme notariale, « sous peine de nullité ». En pratique, cela signifie qu'un lingot d'or ou un lingot certifié ne peuvent être donnés valablement, au sens de l'article 931, que devant notaire. Selon guichet.lu, l'acte de donation notariée de biens meubles doit être accompagné d'un état estimatif de la valeur du bien mobilier, signé par le donateur et le donataire — pour des lingots et des pièces, une liste datée et chiffrée des exemplaires transmis. Cette exigence est présentée par le portail officiel ; aucune disposition normative n'est citée à son appui, et elle est reprise ici comme telle.
Les droits d'enregistrement sur les donations notariées
Contrairement à la France, le Luxembourg ne connaît pas d'impôt de donation indépendant : les donations notariées sont soumises aux droits d'enregistrement (droits d'enregistrement), perçus par l'AED. Selon guichet.lu, les taux applicables sont les suivants :
| Lien | Taux |
|---|---|
| Ligne directe (sans dispense de rapport) | ~1,8 % |
| Ligne directe (avec dispense de rapport) | ~2,4 % |
| Entre époux | ~4,8 % |
| Partenaires enregistrés | ~4,8 % |
| Frères et sœurs | ~6 % |
| Oncles/tantes à neveux/nièces | ~8,4 % |
| Beaux-parents | ~8,4 % |
| Grands-oncles | ~9,6 % |
| Tiers et non-parents | ~14,4 % |
| ASBL et fondations | ~4,8 % |
⚠️ Ces taux sont ceux publiés par guichet.lu ; la décomposition en taux de base plus coefficient multiplicateur n'est pas explicitée dans la source. Seules les valeurs finales sont citées ici.
Astuce
Une donation faite dans le cadre d'un contrat de mariage ou en vue du mariage bénéficie d'une réduction de moitié des droits d'enregistrement (« réduits de moitié »), selon guichet.lu.
Le don manuel : une exception possible
La jurisprudence luxembourgeoise admet — selon la présentation de guichet.lu — que l'exception traditionnelle du don manuel (remise de la chose de la main à la main) échappe à la nullité de l'article 931. Un lingot remis physiquement à son destinataire, sans acte notarié, constituerait ainsi un don manuel valable. Selon guichet.lu (mise à jour du 27.11.2014, « en cours de mise à jour »), les droits d'enregistrement ne seraient dus que si la donation est passée devant un notaire luxembourgeois.
🔴 Cette présentation est celle du portail officiel, non étayée par un texte normatif cité. Elle est mentionnée ici comme information administrative, pas comme règle certaine. La prudence recommande une consultation notariale pour tout bien de valeur significative.
La rétroaction successorale (renvoi au dernier an)
Selon guichet.lu — comme représentation administrative, sans référence normative trouvée pour les trois textes consultés — les donations entre vifs peuvent être réintégrées dans la succession dans deux hypothèses :
- Les biens donnés dans l'année précédant le décès sans formalités (notamment un don manuel) peuvent être réincorporés à la base imposable.
- Les cessions à titre onéreux à des proches moins de trois mois avant le décès, avec réserve d'usufruit, peuvent également être réintégrées.
⚠️ Ces deux hypothèses sont les seules que le portail officiel décrit, et aucune des trois lois consultées ne les rattache à un article précis. Les durées à retenir sont donc celles-ci et aucune autre : un an avant le décès pour une donation sans formalités, trois mois pour une cession à titre onéreux à un proche avec réserve d'usufruit. Les délais prévus par les droits voisins n'ont ici aucune portée.
Le rapport successoral : valeur à la date du partage
L'article 860 du Code civil prescrit que « le rapport est dû de la valeur du bien donné à l'époque du partage d'après son état à l'époque de la donation ». Pour l'or, cela signifie que c'est le cours de l'or au moment du partage de la succession, et non au moment de la donation, qui sert de référence pour le calcul du rapport entre héritiers. La volatilité du prix des métaux précieux rend ce mécanisme particulièrement important : un lingot donné il y a cinq ans peut avoir doublé de valeur, et c'est sa valeur au moment du partage qui compte. Une clause contraire dans l'acte de donation est possible.
Le droit au rapport successoral et la réserve héréditaire de l'article 913 du Code civil — au maximum la moitié du patrimoine disponible pour un enfant, un tiers pour deux, un quart pour trois ou plus — s'appliquent, mais « le tout sous réserve de l'application des articles 767-1 et 1094 ». Ces réserves peuvent donc être plus restrictives dans certaines situations ; elles ne constituent pas une règle fixe sans exception.
Documentation, preuves et obligations pratiques
Ce que le contribuable doit conserver
La charge de la preuve de la date d'acquisition, du prix payé et des frais engagés repose sur le contribuable en vertu du § 171 de la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931. Pour éviter toute contestation lors d'un contrôle fiscal, les pièces suivantes sont essentielles :
| Document | Utilité | Durée de conservation |
|---|---|---|
| Facture d'achat datée (métal, poids, titre, prix) | Prouve la date d'acquisition et le prix pour le délai de 6 mois et le calcul du gain | Tant que le bien est détenu, plus au moins 5 ans |
| Reçus de frais accessoires (transport, assurance, stockage si déductibles) | Réduit le gain imposable selon l'Art. 102, al. 2 et Art. 25, al. 1 L.I.R. | Idem |
| Relevé de cours spot à la date de cession | Justifie le prix de vente déclaré | Idem |
| Correspondances et contrats de stockage | Utiles si des frais de garde sont invoqués comme frais d'obtention | Idem |
⚠️ La déductibilité des frais de garde ou de coffre-fort en tant que frais d'obtention est une question ouverte (Art. 105, al. 4 L.I.R. conditionne la déduction au lien avec des revenus imposables). Si la majorité des cessions intervient hors du délai de six mois — et donc sans fait générateur —, la déductibilité de ces frais n'est pas établie.
La circulaire du 26 juillet 2018 : une limite à bien comprendre
L'ACD a, dans la Circulaire L.I.R. n° 14/5 – 99/3 – 99bis/3 du 26 juillet 2018, développé des exigences de documentation « cohérente et continue portant notamment sur la date d'acquisition ou de création de la monnaie virtuelle, ainsi que sur les frais y liés ». Cette circulaire porte principalement sur les cryptomonnaies. La mention des monnaies virtuelles dans son libellé doit être conservée dans toute citation — sans elle, la règle semble générale alors qu'elle ne l'est pas.
Pour les lingots avec numéro de série, la question de la méthode d'attribution des coûts en cas de cession partielle (FIFO, LIFO ou coût moyen pondéré) reste ouverte : l'ACD ne s'est pas prononcée pour les métaux précieux.
Le caractère commercial : quand l'activité devient une entreprise
L'article 14, numéro 1 du L.I.R. définit le commerce comme « toute activité indépendante à but de lucre exercée de manière permanente et constituant une participation à la vie économique générale ». Plusieurs indices signalent le franchissement de ce seuil :
- Possession d'un local ou d'une infrastructure dédiée aux transactions ;
- Recours au capital emprunté ;
- Rotation fréquente du stock, avec un spread systématiquement exploité ;
- Transactions pour le compte de tiers.
🔴 Il n'existe aucune règle fixe de nombre de transactions ni de seuil de chiffre d'affaires : l'appréciation est globale. Les conséquences du franchissement sont sévères : plus de délai de six mois, plus de franchise de 500 euros, assujettissement à l'impôt commercial communal (3 % du bénéfice net ajusté après un abattement de 40 000 euros pour les personnes physiques, multiplié par le taux communal), et nécessité d'une autorisation d'établissement délivrée par le Ministère de l'Économie — sans laquelle l'activité est pénalement sanctionnée. Pour les non-résidents, la question de la protection du patrimoine via les métaux précieux reste soumise aux règles fiscales du pays de résidence, pas du Luxembourg.
Pertes et limites de la compensation
L'article 102, alinéa 14 du L.I.R. — seul alinéa applicable aux métaux précieux, à distinguer de l'alinéa 13 qui concerne d'autres catégories — prévoit une compensation de pertes doublement restreinte. Cela concerne aussi bien les pertes sur or que sur argent ou palladium :
- Les moins-values sur métaux précieux (et autres biens de l'article 99bis) ne peuvent être imputées que sur des gains de spéculation du même article.
- L'excédent ne peut être imputé que sur les revenus positifs des articles 99ter à 101 — jamais sur les salaires, retraites, revenus de capitaux ou revenus locatifs.
Il n'existe aucun report de pertes : l'article 114 L.I.R. le réserve aux entreprises. guichet.lu confirme : « les moins-values … ne sont pas reportables ».
Remarque
Une moins-value sur la vente d'un lingot en moins de six mois peut donc uniquement compenser un gain de spéculation de la même année civile. Si aucun gain n'existe, la moins-value est définitivement perdue fiscalement.
Liens utiles pour le calcul et la déclaration
Pour estimer l'impact fiscal d'une cession à court terme, le calculateur de taxe peut donner un ordre de grandeur — il ne reflète pas nécessairement la franchise de 500 euros ni la totalité des mécanismes propres au droit luxembourgeois. Pour suivre l'évolution du cours de l'or et planifier le moment de la cession, consultez le cours de l'or en temps réel ou le cours de l'argent. La valeur intrinsèque d'une pièce ou d'un lingot, calculable avec le calculateur de valeur de fusion, est le point de départ du calcul du gain imposable.
Pour les stratégies d'épargne progressive en métaux précieux, le plan d'épargne en or peut être une alternative à l'achat unique, avec des implications différentes sur la date d'acquisition retenue pour chaque versement. Pour convertir des unités de poids (onces, grammes, tolas), le convertisseur d'unités est disponible directement sur ce site.
Fiscalité : pourquoi ce texte ne remplace pas un conseiller
Ce guide expose la fiscalité luxembourgeoise applicable aux métaux précieux détenus par des particuliers résidents, telle qu'elle ressort des textes coordonnés en vigueur au 1er janvier 2026 — notamment le L.I.R. (actualisé au 08.05.2026), la loi TVA (coordonnée au 01.01.2026), la loi du 27 décembre 1817 (consolidée au 01.08.2022) et le Code civil (consolidé au 01.01.2020).
Attention
Ce guide ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Il ne tient pas compte de votre situation individuelle, de votre classe d'imposition, de vos autres revenus, de votre régime matrimonial ou de vos conventions de planification successorale particulières. Les chiffres et les textes cités sont ceux disponibles au moment de la rédaction et peuvent évoluer.
Plusieurs questions importantes restent ouvertes dans ce guide et ne peuvent pas être tranchées ici :
- La déductibilité des frais de garde et de coffre-fort en tant que
frais d'obtention(Art. 105, al. 4 L.I.R.) ; - La méthode de rattachement des coûts lorsque plusieurs pièces identiques sont détenues puis cédées partiellement ;
- La prescription applicable à une sous-évaluation de biens meubles (
Art. 11 lit. h) dans la déclaration de succession ; - Les moyens de preuve dont dispose l'administration pour contester la valeur déclarée de biens meubles (
Art. 16 loi 1817) ; - Si l'annexe
modèle 700doit être jointe à la déclaration de revenus pour des biens meubles, sa version 2025 n'étant explicitement dédiée qu'aux immeubles.
Pour votre situation personnelle — planification successorale, transmission d'un portefeuille important, détermination de la résidence fiscale ou appréciation d'une activité commerciale — consultez un conseiller fiscal ou un notaire habilité au Luxembourg. Les notaires, avocats à la Cour et fiduciaires au Grand-Duché peuvent vous accompagner dans la rédaction des actes et la déclaration auprès de l'AED. Les coordonnées des administrations compétentes sont :
- ACD (Administration des contributions directes) — déclaration de revenus :
impotsdirects.public.lu - AED (Administration de l'enregistrement, des domaines et de la TVA) — TVA et droits de succession :
pfi.public.lu - guichet.lu — portail d'information officiel :
guichet.public.lu
Pour approfondir les aspects liés à l'achat, à la conservation ou à l'investissement en métaux précieux au Luxembourg, les guides complémentaires de ce site vous orientent sur l'achat d'or au Luxembourg, sur la conservation et l'assurance des métaux précieux et sur les règles applicables en cas d'enfouissement. Vous pouvez aussi consulter le glossaire des métaux précieux pour l'ensemble des termes techniques utilisés dans ce guide, ou accéder aux prix historiques pour contextualiser la valeur de votre patrimoine dans le temps. Le ratio or-argent et la saisonnalité des marchés sont également des données utiles pour anticiper les moments de cession.
Calculatrices sur ce sujet
Questions fréquentes
Mon bénéfice de spéculation est de 450 euros cette année — dois-je le déclarer ?
Non, si votre bénéfice total de spéculation pour toute l'année civile — en additionnant or, argent, valeurs mobilières à court terme et cryptomonnaies — reste inférieur à 500 euros, il n'est pas imposable (Art. 99bis, al. 2 L.I.R.). Attention : la formule « inférieur à » signifie qu'à exactement 500 euros, la totalité devient imposable. En dessous de ce seuil, aucune déclaration n'est nécessaire pour ce seul revenu.
Quelle est la différence entre la franchise de 500 euros et un abattement ?
La franchise de l'article 99bis est un seuil de déclenchement : si le bénéfice total dépasse 499 euros et atteint exactement 500 euros, la totalité du montant est imposable — rien n'est déduit. Un abattement, à l'inverse, se soustrait du revenu imposable : avec un abattement de 500 euros, un gain de 700 euros ne serait imposable qu'à hauteur de 200 euros. Le L.I.R. prévoit ici un seuil de franchise, pas un abattement.
Mon père détenait de l'or depuis dix ans. Je viens de le recevoir par succession — si je le vends demain, suis-je imposé ?
Non, à condition que votre père ait acquis ce métal à titre onéreux (achat, échange). L'article 102, alinéas 3 et 4 du L.I.R. transfère à l'héritier le prix d'acquisition et la date d'acquisition du dernier acquéreur à titre onéreux. Si votre père détenait l'or depuis plus de six mois, le délai est déjà épuisé à votre profit : le gain ne constitue pas un bénéfice de spéculation, aucun fait générateur n'est constitué. La succession ne remet pas le compteur à zéro.
Mon conjoint décède et me laisse par testament plus que ma part légale — dois-je payer des droits de succession sur l'excédent ?
Non. Entre époux, le taux est de 0 % aussi bien sur la part légale que sur la part extralégale, quel que soit le montant. La table de l'AED/guichet.lu mentionne pour « entre époux » : 0 % / 0 %. L'ancien taux de 5 % entre époux sans enfants communs était du droit transitoire, applicable uniquement aux successions ouvertes avant le 1er janvier 2018. Il ne s'applique plus à une succession de 2026.
Mon lingot vaut 25 000 euros. En l'incluant dans la succession de ma mère vers mon frère, à quel taux sera-t-il taxé ?
Un héritage reçu par un frère (ligne collatérale) est taxé à 6 % sur la part légale et à 15 % au-delà. Mais si la part nette de votre frère dépasse 10 000 euros, une majoration s'applique comme facteur multiplicateur. Pour 25 000 euros net, le facteur est de 2/10 : un taux de base de 6 % donne 6 % + (6 % × 0,2) = 7,2 %, soit 25 000 × 7,2 % = 1 800 euros de droits, et le taux de 15 % sur la part extralégale donnerait 15 % + (15 % × 0,2) = 18,0 %. La majoration s'applique au taux, pas en points de pourcentage ajoutés.
Est-ce que la vente d'un lingot d'or à un revendeur est soumise à la TVA pour le particulier vendeur ?
Non, en tant que particulier non assujetti, vous ne facturez pas de TVA. En revanche, si le revendeur est un assujetti et que la transaction dépasse 10 000 euros nets, il peut être tenu d'appliquer l'autoliquidation (reverse charge) — mais cela ne vous concerne que si vous vendez à un professionnel dans un cadre B2B. Pour un simple vendeur particulier, la seule question fiscale pertinente est celle du bénéfice de spéculation, traitée dans ce guide.
Je donne un lingot d'or en or d'investissement à mon fils par acte notarié — des droits sont-ils dus ?
En ligne directe (parent à enfant), les droits d'enregistrement sur les donations notariées sont très faibles — environ 1,8 % sans dispense de rapport et environ 2,4 % avec dispense de rapport, selon guichet.lu. Si la donation est faite dans le cadre d'un contrat de mariage ou en vue du mariage, les taux sont réduits de moitié. En revanche, la donation sans acte notarié (don manuel, remise de la pièce ou du lingot en main propre) n'entraîne pas de droits d'enregistrement selon guichet.lu — à condition qu'aucune formalité notariale ne soit accomplie.
Quelle pièce justificative dois-je conserver pour prouver la date d'achat de mon or ?
La facture d'achat datée est le document central. Elle doit indiquer la description du bien (type de métal, poids, titre), le prix payé et la date. Sans elle, vous ne pouvez pas prouver que la cession a eu lieu plus de six mois après l'acquisition, et l'Administration des contributions directes peut remettre en cause le défaut de fait générateur. La charge de la preuve incombe au contribuable (§ 171 loi générale des impôts du 22 mai 1931). Conservez également les reçus de frais accessoires (transport, assurance) qui réduisent le gain imposable.
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Lire le guideSources et informations complémentaires
- L.I.R. — texte coordonné en vigueur au 1er janvier 2026 (ACD, 363 pages)
- ACD — formulaires fiscaux, dont le modèle 100 (déclaration revenus nets divers)
- Loi TVA — texte coordonné au 01.01.2026 (AED, PDF)
- AED — droits de succession : tarifs (version 21.09.2023)
- AED — successions : exemptions de l'article 24 de la loi du 27 décembre 1817
- Loi du 27 décembre 1817 sur les successions — version consolidée au 1er août 2022
- guichet.lu — succession : tarifs, exemptions et procédure de déclaration
- CSSF — loi modifiée du 12 novembre 2004 (LBC/FT), texte coordonné
- AED — guide des obligations professionnelles des marchands de biens (07/2024, PDF)
- Règlement (UE) 2024/1624 (AMLR) — applicable à partir du 10 juillet 2027
- Code civil luxembourgeois — Legilux, consolidation au 1er janvier 2020
- guichet.lu — donation : droits d'enregistrement, don manuel et état estimatif
Rédigé et tenu à jour par Markus Markert. Contenu éditorial — ni conseil en investissement, ni recommandation d'achat, ni prévision de cours. Les points fiscaux et juridiques sont vérifiés sur les textes publiés au Journal officiel du Grand-Duché (Legilux) ainsi que sur les informations de l'ACD et de l'AED, et actualisés régulièrement ; ils ne remplacent pas un conseil tenant compte de votre situation.