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Fiscalité des métaux précieux

En France, l'impôt ne croise le métal précieux physique qu'à deux moments : à l'achat, par la TVA, et à la revente, par la taxation de la cession. Entre les deux, la détention elle-même ne coûte rien au fisc. Ce qui rend le cas français singulier, c'est le second moment : le vendeur n'est pas placé devant une règle unique, il choisit entre deux régimes qui ne se calculent pas du tout de la même façon.

D'un côté, la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, 11,5 % prélevés sur la totalité du prix de vente, que l'opération soit bénéficiaire ou non, sans le moindre justificatif à produire. De l'autre, le régime des plus-values sur biens meubles, 36,2 % sur le seul gain, réduit de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième et donc totalement effacé après vingt-deux ans — mais réservé à celui qui peut prouver la date et le prix de son acquisition. Tout ce guide tourne autour de cet arbitrage.

Ces informations sont générales et neutres : aucun nom de négociant, aucune prévision de cours. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Pour une situation particulière, seul un conseiller fiscal, un notaire ou le service des impôts compétent peut se prononcer.

Par Markus Markert · Dernière mise à jour : 9 août 2026

Sommaire
  1. Deux moments imposables, et deux seulement
  2. La TVA métal par métal
  3. Ce qui compte comme or d'investissement
  4. Le régime de la marge bénéficiaire
  5. La vente : deux régimes au choix
  6. La taxe forfaitaire sur les métaux précieux
  7. Le régime des plus-values sur biens meubles
  8. Quel régime est le plus avantageux
  9. Les justificatifs qui ouvrent le droit à l'option
  10. Déclarer et payer
  11. Or papier : ETF, ETC et certificats
  12. Détenir du métal ne coûte aucun impôt annuel
  13. Espèces, identification et lutte anti-blanchiment
  14. Vendre de l'or de récupération à un professionnel
  15. Douane, importation et passage de frontière
  16. Succession et donation
  17. Quand un particulier devient professionnel
  18. Ce que ce guide ne fait pas
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Deux moments imposables, et deux seulement

L'impôt ne rencontre le métal précieux physique qu'à deux instants : l'achat, où la TVA peut s'ajouter au prix, et la cession, où la vente est taxée. Entre les deux, rien — un lingot posé dans un coffre ne déclenche aucun prélèvement annuel, et une hausse du cours non réalisée reste invisible pour l'administration.

Ces deux prélèvements n'obéissent pas à la même logique. La TVA est facturée par le vendeur, incluse dans le prix affiché et identique pour tout le monde. La taxation de la cession dépend au contraire d'un choix que le vendeur exerce lui-même, opération par opération, et dont le résultat peut varier du simple au quadruple selon le dossier qu'il présente.

Métal TVA à l'achat Cession par un particulier
Or d'investissement exonéré, 0 % 11,5 % du prix ou 36,2 % du gain
Argent 20 % idem
Platine 20 % idem
Palladium 20 % idem

Le calculateur de fiscalité applique ces règles à un cas concret et affiche les deux hypothèses côte à côte. Le reste de ce guide explique ce que ce calcul suppose.

La TVA métal par métal

Le plus grand avantage fiscal du domaine tient en une ligne : l'or d'investissement est exonéré de TVA. Ce n'est pas une faveur nationale mais la transposition d'une obligation européenne, inscrite en droit français à l'article 298 sexdecies A du Code général des impôts. Acheter un lingot ou une pièce d'investissement coûte donc la valeur du métal augmentée de la seule prime du vendeur, et rien d'autre.

L'argent, le platine et le palladium sont hors du champ de cette exonération et supportent le taux normal de 20 %. La TVA sur l'argent explique à elle seule pourquoi le coût d'entrée au gramme paraît si défavorable comparé à l'or : une position en argent doit s'apprécier d'environ un cinquième avant que l'acheteur ne retrouve la valeur métal qu'il a payée. Ce n'est pas un détail de trésorerie, c'est un handicap structurel à intégrer dès la décision d'achat.

Le calculateur or et le calculateur argent donnent, à partir du poids et du titre, la valeur métal pure sur laquelle la TVA et la prime viennent se poser.

Ce qui compte comme or d'investissement

La définition est technique, et elle décide de tout : un objet qui n'y entre pas est taxé à 20 %.

Sont concernés les lingots, lingotins et plaquettes d'un poids accepté par les marchés de l'or et d'un titre au moins égal à 995 millièmes ; et les pièces d'or réunissant quatre conditions : titre au moins égal à 900 millièmes, frappe postérieure à 1800, cours légal actuel ou passé dans le pays d'origine, prix de vente n'excédant pas de plus de 80 % la valeur du contenu en or.

Un Krugerrand, un Napoléon, une Maple Leaf ou un Souverain franchissent ces obstacles sans difficulté. Une pièce de collection vendue trois fois sa valeur métal en sort par le dernier critère, et une chaîne en or 750 n'y est jamais entrée : c'est un bijou, taxé comme tel. La frontière ne passe donc pas entre « or » et « pas or », mais entre l'or acheté pour sa matière et l'or acheté pour autre chose.

L'or de bijouterie et les pièces de collection restent soumis aux régimes de cession décrits plus bas, mais leur valorisation dépend d'un marché bien moins liquide que celui du cours de l'or.

Le régime de la marge bénéficiaire

Lorsqu'un professionnel revend un bien d'occasion acheté à un particulier, il ne peut pas récupérer une TVA que le particulier n'a jamais facturée. Le régime de la marge bénéficiaire répond à cette situation : la taxe porte non plus sur le prix de vente complet, mais sur la seule différence entre prix d'achat et prix de revente du professionnel.

Pour l'acheteur, l'effet est indirect mais réel : la charge de TVA incorporée au prix d'une pièce d'argent d'occasion est alors nettement inférieure à 20 %. La facture ne fait en contrepartie apparaître aucune TVA distincte, ce qui est sans conséquence pour un particulier mais interdit toute déduction à un assujetti.

Deux points méritent d'être retenus. Ce régime dépend de l'origine de la marchandise, pas de la volonté du vendeur : il suppose un bien acquis auprès d'une personne qui n'a pas facturé la taxe. Et il ne concerne pas l'or d'investissement, déjà exonéré, mais essentiellement l'argent d'occasion. Un négociant qui annonce un prix « sous régime de la marge » pour de l'argent neuf importé se trompe ou vous trompe.

La vente : deux régimes au choix

C'est ici que le droit français se distingue de ses voisins. La cession de métaux précieux par un particulier ne relève pas d'une règle unique : le vendeur choisit, cession par cession, entre deux régimes qui ne se calculent pas sur la même base.

Le régime de droit commun est la taxe forfaitaire sur les métaux précieux : elle s'applique automatiquement, sans démarche du vendeur, sur la totalité du prix de vente. Le régime optionnel est celui des plus-values sur biens meubles : il suppose une option expresse et se calcule sur le seul gain, après un abattement lié à la durée de détention.

Taxe forfaitaire Régime des plus-values
Taux global 11,5 % (11 % + 0,5 % de CRDS) 36,2 % (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux)
Assiette prix de vente total plus-value réalisée
Durée de détention sans effet abattement de 5 % par année au-delà de la deuxième
Exonération totale jamais après 22 ans de détention
Justificatifs aucun date et prix d'acquisition à prouver
Vente à perte taxe due malgré tout aucune imposition, perte non imputable

Il n'existe pas, contrairement à une idée répandue, de délai de détention au terme duquel la revente deviendrait immédiatement exonérée. La durée ne joue que dans le second régime, et progressivement.

La taxe forfaitaire sur les métaux précieux

Le taux global est de 11,5 % : 11 % au titre de la taxe proprement dite et 0,5 % de contribution pour le remboursement de la dette sociale. Il s'applique au prix de cession, c'est-à-dire au montant encaissé, sans aucune déduction du prix payé à l'achat.

La mécanique est brutalement simple, ce qui fait à la fois sa force et son défaut. Sa force : aucun document, aucun calcul de gain, aucune reconstitution d'historique. Celui qui a hérité de pièces sans facture ou acheté il y a trente ans sans en garder trace peut vendre sans rien démontrer, et ce prélèvement libératoire éteint définitivement l'imposition de l'opération.

Son défaut est l'autre face de la même pièce : elle est due même si la vente se solde par une perte. Céder 12 000 € un lot acheté 14 000 € coûte 1 380 € de taxe sur une opération pourtant déficitaire. Il n'existe par ailleurs aucun seuil de minimis pour les métaux précieux : le seuil de 5 000 € que l'on rencontre parfois vise les bijoux et les objets d'art, de collection ou d'antiquité, pas les lingots ni les pièces d'investissement.

Un dernier point est souvent mal compris : la taxe frappe le prix, pas la quantité. Vendre deux fois 10 000 € coûte exactement autant que vendre une fois 20 000 €. Étaler ses ventes ne réduit rien dans ce régime.

Le régime des plus-values sur biens meubles

Le régime optionnel taxe la seule plus-value, au taux global de 36,2 % : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La plus-value est la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition.

Le taux nominal paraît élevé mais se corrige avec le temps : un abattement de 5 % s'applique par année de détention au-delà de la deuxième. La troisième année ouvre droit à 5 %, la dixième à 40 %, la vingt-deuxième à 100 % — au-delà de vingt-deux ans, la plus-value est intégralement exonérée.

Durée de détention Abattement Taux effectif sur la plus-value
1 à 2 ans 0 % 36,2 %
5 ans 15 % 30,8 %
10 ans 40 % 21,7 %
15 ans 65 % 12,7 %
22 ans et plus 100 % 0 %

Deux conséquences en découlent. Une vente à perte n'est pas imposée dans ce régime, mais la moins-value ne s'impute sur rien : elle est perdue, sans report possible sur une autre cession ni sur un autre revenu. Et la durée se compte par années pleines, ce qui rend la date d'achat déterminante : quelques semaines peuvent faire basculer un dossier d'une tranche d'abattement à la suivante.

L'option n'est toutefois pas ouverte à tout le monde, et c'est là que se joue l'essentiel.

Quel régime est le plus avantageux

L'arbitrage se ramène à une comparaison entre 11,5 % d'un prix et 36,2 % d'un gain, éventuellement réduit. Sans abattement, les deux montants s'égalisent lorsque la plus-value représente environ 32 % du prix de vente : en dessous, l'option coûte moins cher ; au-dessus, la taxe forfaitaire reprend l'avantage. Chaque année d'abattement déplace ce point d'équilibre en faveur de l'option.

Quatre cas, tous construits sur une vente à 15 000 €, font sentir l'écart.

Situation Taxe forfaitaire Régime des plus-values
Acheté 14 000 € il y a 3 ans (gain 1 000 €) 1 725 € 344 €
Acheté 4 000 € il y a 8 ans (gain 11 000 €) 1 725 € 2 787 €
Acheté 3 000 € il y a 20 ans (gain 12 000 €) 1 725 € 434 €
Acheté 16 000 € il y a 4 ans (perte 1 000 €) 1 725 € 0 €

Sur un gain modeste, l'option est nettement gagnante. Sur un gain important et une détention courte, la taxe forfaitaire protège. Sur une détention très ancienne, l'abattement écrase le taux effectif et l'option redevient imbattable. Sur une vente à perte, elle est le seul moyen de ne rien payer — à condition de pouvoir la justifier.

Le calculateur de fiscalité refait ce calcul pour vos propres montants, durée de détention comprise ; le calculateur de prix de rachat estime en amont le produit de la vente.

Les justificatifs qui ouvrent le droit à l'option

L'option suppose que le vendeur justifie de la date et du prix d'acquisition du bien. Ce n'est pas une formalité, c'est la condition de fond du choix : sans preuve, le régime de droit commun s'impose et la taxe forfaitaire est due sur le prix complet, même en cas de perte.

Ce qui fait preuve, en pratique :

  • La facture d'achat datée, mentionnant le produit, son poids, son titre, la quantité et le prix payé. C'est le document central.
  • Le relevé bancaire correspondant, qui corrobore la date et le montant.
  • L'acte de succession ou de donation, lorsque le métal n'a pas été acheté : une déclaration qui mentionne les lingots ou les pièces individuellement, avec leur valeur, établit une date et une valeur opposables.
  • Un inventaire personnel, avec pour chaque lot la date, la quantité, le prix unitaire et les frais. Il ne remplace pas les factures mais rend le dossier exploitable des années plus tard.

Une seconde voie existe : le vendeur qui détient le bien depuis plus de vingt-deux ans peut opter sans justificatif d'acquisition, puisque l'abattement conduit de toute façon à une exonération complète. Encore faut-il établir l'ancienneté de la détention.

Lorsque le métal a été acheté en plusieurs fois, savoir quel lot est réputé vendu détermine la durée de détention retenue : documenter chaque tranche séparément, à la manière du principe FIFO, évite de reconstruire un historique sous pression. Et conserver ces papiers ailleurs que dans le coffre où dort le métal relève du même bon sens que de ne pas laisser le double des clés dans la serrure.

Déclarer et payer

Dans le cas le plus fréquent, le vendeur n'a rien à faire lui-même : lorsque la vente passe par un intermédiaire établi en France — un négociant, une maison de ventes — c'est lui qui déclare et acquitte la taxe pour le compte du vendeur et verse le prix net. C'est aussi auprès de lui que l'option se déclare, au moment de la vente et non après coup.

Lorsque la vente est conclue directement entre particuliers, ou avec un acheteur établi hors de France, la déclaration et le paiement incombent au vendeur, dans le mois de la cession, auprès du service des impôts. Deux imprimés distincts existent, l'un pour la taxe forfaitaire, l'autre pour l'option, ce dernier accompagné des justificatifs d'acquisition.

Trois erreurs reviennent régulièrement : croire que le choix peut être révisé lors de la déclaration annuelle de revenus, alors qu'il se fait au moment de la cession ; ne rien déclarer parce que l'opération est déficitaire, alors que la taxe forfaitaire reste due et que seule l'option, dûment exercée et justifiée, ramène l'imposition à zéro ; additionner les ventes de l'année comme s'il existait un seuil annuel, alors que chaque cession est traitée pour elle-même.

Or papier : ETF, ETC et certificats

Tout ce qui précède concerne le métal physique. Les produits financiers adossés à l'or relèvent, eux, de la fiscalité des valeurs mobilières.

Un ETF or, un certificat ou un ETC détenu sur un compte-titres relève du prélèvement forfaitaire unique de 30 % — 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux — avec option globale possible pour le barème progressif. La durée de détention n'a ici aucun effet : ni abattement, ni exonération au bout de vingt-deux ans.

La différence est donc structurelle. Deux investisseurs partis du même montant, l'un en lingots, l'autre en or papier, n'ont ni la même base imposable, ni le même taux, ni les mêmes obligations déclaratives, alors même que leur exposition au cours est comparable. S'y ajoute une différence de nature juridique : le détenteur d'un certificat détient une créance sur un émetteur, pas du métal.

Détenir du métal ne coûte aucun impôt annuel

Il n'existe en France aucune imposition annuelle de la détention d'or ou d'argent physique. Depuis le remplacement de l'impôt de solidarité sur la fortune par l'impôt sur la fortune immobilière en 2018, l'assiette de cet impôt est limitée aux biens et droits immobiliers : les lingots, les pièces et les métaux industriels n'y entrent pas, quelle que soit leur valeur.

Un patrimoine en métal précieux ne produit donc aucun événement fiscal tant qu'il n'est ni vendu ni transmis. Il ne génère pas non plus de revenu : le métal ne verse ni intérêt ni dividende, ce qui explique qu'il n'apparaisse dans aucune case de la déclaration annuelle tant qu'il dort. Le coût d'opportunité de cette absence de rendement est un argument économique, pas un argument fiscal.

Espèces, identification et lutte anti-blanchiment

Ces règles ne sont pas fiscales, mais elles conditionnent le déroulement d'une transaction. Les montants s'entendent au 9 août 2026.

Le plafond de paiement en espèces est de 1 000 € par créance lorsque le débiteur a son domicile fiscal en France ou agit pour les besoins de son activité professionnelle (art. L112-6 du Code monétaire et financier, montants fixés à l'art. D112-3).

La France connaît ici une particularité rare : celui qui justifie ne pas avoir son domicile fiscal en France et ne pas agir à titre professionnel peut payer jusqu'à 15 000 € en espèces auprès d'un professionnel soumis aux obligations anti-blanchiment, catégorie dont relèvent les négociants en métaux précieux ; le plafond tombe à 10 000 € face à un professionnel qui n'y est pas soumis. Un visiteur étranger peut donc légalement payer davantage en liquide qu'un résident, la charge de justifier la non-résidence lui incombant.

Le dépassement expose à une amende pouvant atteindre 5 % des sommes indûment payées en espèces, dont payeur et bénéficiaire sont solidairement redevables.

Entre particuliers agissant hors de tout cadre professionnel, aucun plafond de ce type ne s'applique. Au-delà de 1 500 €, un écrit reste toutefois nécessaire pour prouver le paiement.

L'obligation de vérification d'identité suit un seuil différent : les professionnels qui négocient des métaux précieux à titre habituel y sont tenus dès que la valeur d'une opération, ou d'une série d'opérations liées, atteint 10 000 €, quel que soit le mode de paiement, virement compris. Identité et adresse sont relevées, la copie d'une pièce officielle conservée cinq ans.

Le mot important est « liées » : découper un achat de 24 000 € en trois passages de 8 000 € ne supprime pas l'obligation, les opérations rattachées entre elles se cumulent. C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus visible du côté du négociant.

Reste une confusion à lever. L'identification est déclenchée par un montant ; la déclaration à TRACFIN, le service de renseignement financier du ministère de l'économie, ne l'est pas : elle repose sur un soupçon quant à l'origine des fonds, jamais sur un seuil automatique. Franchir 10 000 € ne signifie donc pas être signalé. Les négociants relèvent ici de la douane ; les principes de la législation anti-blanchiment sont détaillés au glossaire.

Vendre de l'or de récupération à un professionnel

Le rachat d'or de récupération — bijoux cassés, alliances, or dentaire, argenterie — obéit aux mêmes régimes de cession que les lingots, mais son déroulement pratique diffère sur un point.

Le paiement s'y fait quasi systématiquement par chèque ou par virement sur un compte ouvert au nom du vendeur, à l'exclusion des espèces, en application de l'article L112-6 du Code monétaire et financier relatif à l'achat au détail de métaux. Pour l'achat d'or d'investissement, en revanche, ce sont les plafonds généraux exposés plus haut qui s'appliquent — 1 000 €, ou 15 000 € pour un non-résident — beaucoup de négociants refusant de toute façon le liquide par conformité interne.

Le professionnel tient par ailleurs un livre de police, registre d'entrées et de sorties prévu par l'article 537 du Code général des impôts, où l'identité et l'adresse du vendeur sont portées pour chaque rachat. C'est la vraie raison pour laquelle on vous demande une pièce d'identité même pour trois cents euros de vieilles chaînes : non pas le blanchiment, mais la prévention du recel.

Le calculateur de valeur de fonte donne la valeur métal d'un objet à partir de son poids et de son titre ; l'écart entre cette valeur et l'offre reçue est la marge du professionnel, et elle se négocie.

Douane, importation et passage de frontière

L'or d'investissement entre dans l'Union européenne sans droits de douane ni TVA à l'importation. L'argent, le platine et le palladium venant d'un pays tiers supportent en revanche la TVA française à l'importation, au taux de 20 %, calculée sur la valeur en douane augmentée des frais de transport et d'assurance. Les droits de douane et l'importation sont traités au glossaire.

Une obligation distincte, qui n'est pas un impôt, s'y superpose : la déclaration des capitaux transportés. Elle vise les sommes, titres et valeurs d'un montant égal ou supérieur à 10 000 €, et l'or en fait partie — lingots d'un titre d'au moins 99,5 % et pièces d'une teneur en or d'au moins 90 % y sont assimilés. Elle est due lors du franchissement d'une frontière extérieure de l'Union, et la France l'exige aussi pour les transferts vers un autre État membre. Elle se fait auprès de la douane, sans aucune taxe à payer : c'est un dispositif de contrôle. Ne pas la souscrire expose à la saisie des sommes et à une sanction pécuniaire.

Un dernier réflexe en cas d'achat à l'étranger : le régime de TVA applicable est celui du pays du vendeur, et les taux sur l'argent varient sensiblement d'un État membre à l'autre. Le convertisseur de devises permet de comparer sur une base homogène.

Succession et donation

Le métal précieux fait partie de l'actif successoral comme tout autre bien meuble. Il n'existe ni déclaration spécifique à l'or, ni seuil en dessous duquel il échapperait à la succession.

L'évaluation se fait à la valeur vénale au jour du décès, au cours du marché à cette date et non au prix payé par le défunt. Pour les meubles corporels, le Code général des impôts impose un ordre : le prix d'une vente publique intervenue dans les deux ans du décès, à défaut l'estimation d'un inventaire dressé par un notaire, un commissaire de justice ou un commissaire-priseur, à défaut le forfait mobilier de 5 % de l'actif successoral. Ce forfait vise les meubles meublants ; lingots et pièces s'évaluent individuellement au cours du jour du décès. La déclaration est à déposer dans les six mois d'un décès survenu en France.

Les abattements applicables au 9 août 2026 sont les suivants.

Bénéficiaire Succession Donation
Conjoint ou partenaire de PACS exonération totale 80 724 €
Enfant (par parent) 100 000 € 100 000 €
Ascendant 100 000 € 100 000 €
Petit-enfant 1 594 € 31 865 €
Frère ou sœur 15 932 € 15 932 €
Neveu ou nièce 7 967 € 7 967 €
Personne handicapée (cumulable) 159 325 € 159 325 €

Au-delà de l'abattement, le barème en ligne directe est progressif, de 5 % à 45 % par tranches. Les abattements de donation se reconstituent tous les quinze ans, ce qui fait de la transmission échelonnée un outil de planification classique.

Deux précisions comptent pour les métaux précieux. D'abord, le don familial de sommes d'argent, qui permet de transmettre un montant supplémentaire en franchise sous condition d'âge du donateur et de majorité du donataire, ne vise que des sommes d'argent : donner des lingots ou des pièces en nature relève de l'abattement ordinaire.

La seconde est pratique. Un inventaire chiffré accompagné des factures évalue correctement la succession et donne aux héritiers une date et une valeur d'acquisition opposables. Sans cela, ils se retrouvent en pratique enfermés dans la taxe forfaitaire lors de la revente, puisque le régime des plus-values suppose un prix d'acquisition justifié.

Quand un particulier devient professionnel

La frontière entre la gestion d'un patrimoine privé et une activité commerciale n'est pas fixée par un seuil chiffré, mais par un faisceau d'indices : la répétition des opérations, la brièveté des délais entre achat et revente, l'existence d'une organisation dédiée, le recours à la publicité, la part de ces opérations dans les revenus du foyer.

Franchir cette frontière change tout. Les cessions ne relèvent plus des deux régimes décrits ici mais des bénéfices industriels et commerciaux, avec les obligations comptables, sociales et déclaratives qui vont avec, et l'assujettissement à la TVA sur les métaux non exonérés. La requalification peut être rétroactive sur les années non prescrites.

Acheter régulièrement dans une logique d'épargne, y compris par versements programmés, ne pose aucune difficulté : c'est de l'accumulation, pas du commerce. Revendre plusieurs dizaines de fois par an pour capter des écarts de prix relève d'une autre logique, et mieux vaut en discuter avec un conseiller avant que l'administration ne pose la question.

Ce que ce guide ne fait pas

Ce texte décrit le droit français applicable aux particuliers au 9 août 2026. Les taux, les abattements et les plafonds évoluent, la doctrine administrative aussi, et la réponse à presque toute question intéressante dépend de faits que cette page ignore. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal et ne saurait en tenir lieu ; ces informations ne constituent pas davantage un conseil juridique. Pour une situation concrète, un conseiller fiscal, un notaire ou le service des impôts compétent est le bon interlocuteur.

Trois limites méritent d'être posées franchement. Tout ce qui précède est du droit français : si vous êtes résident fiscal d'un autre État, le calculateur de fiscalité contient un jeu de règles distinct pour chaque pays couvert par ce site. Ce site ne recommande aucun négociant et ne formule aucune prévision de cours. Enfin, sur les rares points où la position juridique est réellement discutée, la réponse honnête est de le dire plutôt que de fabriquer une certitude.

Les notions employées dans ce guide sont définies une à une dans le glossaire.

Questions fréquentes

L'achat d'or est-il exonéré de TVA en France ?

Oui, mais seulement l'or d'investissement. Les lingots et plaquettes d'un titre au moins égal à 995 millièmes et les pièces d'or d'un titre au moins égal à 900 millièmes, frappées après 1800, ayant eu cours légal dans leur pays d'origine et vendues à moins de 80 % au-dessus de la valeur de leur contenu en or, sont exonérés au titre de l'article 298 sexdecies A du Code général des impôts. L'argent, le platine et le palladium n'entrent pas dans cette exonération : ils supportent le taux normal de 20 %. Un bijou en or n'est pas non plus de l'or d'investissement et reste taxé à 20 %.

Faut-il attendre un certain temps avant de revendre pour ne rien payer ?

Il n'existe en France aucun délai de détention au terme duquel la revente deviendrait purement et simplement exonérée à court terme. La cession est imposable dès le premier jour. La durée de détention n'intervient que dans un seul des deux régimes : celui des plus-values sur biens meubles, où un abattement de 5 % par année au-delà de la deuxième réduit progressivement la base imposable, jusqu'à l'exonération complète après vingt-deux ans de détention. Le délai d'un an que l'on rencontre parfois est une règle allemande, sans effet en France.

Taxe forfaitaire ou régime des plus-values : lequel choisir ?

Cela dépend du rapport entre le gain et le prix de vente, et de l'ancienneté de la détention. En l'absence de tout abattement, les deux régimes coûtent à peu près la même chose lorsque la plus-value représente environ 32 % du prix de vente. En dessous de ce niveau, l'option pour le régime des plus-values est plus favorable ; au-dessus, la taxe forfaitaire l'est. Plus la détention est ancienne, plus l'abattement de 5 % par année déplace le point d'équilibre en faveur de l'option. Le calculateur de fiscalité chiffre les deux hypothèses sur un cas concret.

Que se passe-t-il si j'ai perdu mes factures d'achat ?

L'option pour le régime des plus-values suppose de justifier de la date et du prix d'acquisition. Sans ces éléments, il ne reste en pratique que la taxe forfaitaire, calculée sur la totalité du prix de vente, y compris lorsque l'opération se solde par une perte. C'est la raison très concrète pour laquelle il faut conserver ses factures aussi longtemps que le métal, et séparément du métal lui-même.

Combien puis-je payer en espèces chez un négociant français ?

Au 9 août 2026, le plafond est de 1 000 € pour une personne ayant son domicile fiscal en France ou agissant pour les besoins de son activité professionnelle. Celui qui justifie ne pas avoir son domicile fiscal en France et ne pas agir à titre professionnel bénéficie d'un plafond de 15 000 € auprès d'un professionnel soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment, dont font partie les négociants en métaux précieux. Le dépassement est sanctionné par une amende pouvant atteindre 5 % des sommes payées en espèces, due solidairement par les deux parties.

À partir de quel montant le négociant demande-t-il une pièce d'identité ?

À partir de 10 000 €, y compris pour un paiement par virement ou par carte. Les professionnels qui négocient des métaux précieux à titre habituel relèvent des obligations de vigilance du Code monétaire et financier dès que la valeur d'une opération, ou d'une série d'opérations liées, atteint ce seuil. Fractionner un achat en plusieurs transactions plus petites ne fait pas disparaître l'obligation : les opérations liées se cumulent. En dessous de ce seuil, un négociant peut malgré tout relever votre identité, car le livre de police prévu par le Code général des impôts l'impose pour les rachats.

Comment l'or est-il évalué dans une succession ?

À sa valeur vénale au jour du décès, c'est-à-dire au cours du marché à cette date, et non au prix payé par le défunt. Les métaux d'investissement doivent être portés individuellement dans la déclaration de succession, à déposer dans les six mois du décès pour un décès survenu en France. Le forfait mobilier de 5 % applicable aux meubles meublants n'est pas le mode d'évaluation des lingots et des pièces d'investissement.

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Rédigé et tenu à jour par Markus Markert. Contenu éditorial — ni conseil en investissement, ni recommandation d'achat, ni prévision de cours. Les chiffres sont vérifiés auprès de sources officielles et actualisés régulièrement.

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