Platine et palladium
Le platine et le palladium sont les deux seuls métaux du groupe du platine qui comptent pour un particulier, et ils se comportent très différemment de l'or. Ce sont à la fois des métaux précieux et de lourds métaux industriels : l'essentiel de leur demande vient d'un atelier, pas d'un coffre, et avant tout du pot catalytique monté sur les moteurs à essence et diesel. Ce seul fait explique presque tout le reste — la volatilité, l'étroitesse du marché, la sensibilité aux chiffres de production automobile et à deux pays situés aux antipodes.
Ce guide parcourt le marché dans l'ordre : comment les deux métaux sont cotés, qui les achète et pourquoi, d'où ils viennent, comment ils se substituent l'un à l'autre et ce que coûte réellement leur détention. Un point mérite d'être signalé d'emblée, parce qu'il constitue la principale différence pratique avec l'or : l'exonération de TVA réservée aux métaux précieux ne vise que l'or de placement. Le platine et le palladium supportent le taux normal de 20 %. Vous ne trouverez ici ni prévision de cours ni recommandation d'achat.
Par Markus Markert · Dernière mise à jour : 9 août 2026
Sommaire
- Les métaux du groupe du platine en bref
- Comment le platine et le palladium sont cotés
- La demande : pots catalytiques et industrie
- La substitution entre les deux métaux
- Le pari hydrogène, propre au platine
- Une offre très concentrée géographiquement
- Le recyclage des pots catalytiques usagés
- Un marché étroit et des spreads larges
- Volatilité et risque lié au véhicule électrique
- Formes de placement : pièces, lingots et ETC
- TVA : aucun privilège pour le platine et le palladium
- La fiscalité française à la revente
- Les ratios platine-or et palladium-platine
- Platine ou palladium ?
- Authenticité, stockage et revente
- Ce que ce marché dit et ne dit pas
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Les métaux du groupe du platine en bref
Les métaux du groupe du platine, ou PGM, réunissent six éléments chimiquement apparentés : le platine (Pt), le palladium (Pd), le rhodium (Rh), le ruthénium (Ru), l'iridium (Ir) et l'osmium (Os). Pour un épargnant, la liste se réduit à deux noms : seuls le platine et le palladium sont frappés en pièces, coulés en lingots et logés dans des produits cotés en quantité significative. Le rhodium n'est qu'une note de bas de page — troisième métal du catalyseur trois voies, offre encore plus concentrée en Afrique du Sud, mais aucun marché de pièces ni enchère publique de référence ; le ruthénium, l'iridium et l'osmium sont de simples matières industrielles.
Ce qui sépare le platine et le palladium de l'or n'est pas la rareté — tous deux sont plus rares dans la croûte terrestre — mais la destination. L'or s'achète pour être conservé ; ces deux métaux s'achètent pour être consommés. La demande de placement se pose sur un marché industriel, elle ne le définit pas, et le cours en devient cyclique plutôt que contracyclique : une récession peut le faire reculer au moment précis où le détenteur d'un métal précieux s'attendrait à le voir monter. Les cotations figurent sur la page du cours du platine et celle du cours du palladium, les séries longues sur la page des cours historiques.
Comment le platine et le palladium sont cotés
Les deux métaux sont cotés en dollars des États-Unis par once troy de 31,1035 grammes, comme l'or et l'argent. Un acheteur de la zone euro porte donc deux expositions, le métal et le change, dont la seconde est tout sauf marginale sur plusieurs années. Les taux du jour sont sur la page des taux de change ; le convertisseur d'unités passe de l'once au gramme.
Les références officielles sont le LBMA Platinum Price et le LBMA Palladium Price, établis deux fois par jour de bourse lors d'une enchère électronique, à 9 h 45 et 14 h heure de Londres. Cette fonction relevait historiquement du London Platinum and Palladium Market (LPPM), dont le nom reste attaché aux normes de bonne livraison des MGP ; depuis le 1er juillet 2026, les deux enchères sont administrées par ICE Benchmark Administration, qui gère déjà les fixings LBMA de l'or et de l'argent. À côté fonctionne en continu le prix spot de gré à gré, complété par des contrats à terme. L'arbitrage maintient l'ensemble étroitement lié, comme sur l'or ; la différence tient à la profondeur, car sur un marché aussi mince un seul ordre important peut déplacer la cotation.
La demande : pots catalytiques et industrie
Le premier débouché des deux métaux, et de très loin, est le pot catalytique des véhicules routiers, où les MGP transforment le monoxyde de carbone, les hydrocarbures imbrûlés et les oxydes d'azote en composés moins nocifs. Aucun substitut pratique n'existe pour cette fonction, et c'est la réglementation des émissions qui dirige ces marchés depuis quatre décennies. Une répartition des rôles s'est installée, dictée par la chimie et par le type de moteur :
| Platine | Palladium | |
|---|---|---|
| Catalyseur surtout dans | les moteurs diesel | les moteurs à essence |
| Autres débouchés | joaillerie, chimie, verre, hydrogène, médical | presque exclusivement automobile |
| Substitution | peut remplacer le palladium | peut être remplacé par le platine |
| Diversité de la demande | moyennement diversifiée | très concentrée |
Le palladium est le plus exposé : sa demande vient presque entièrement des véhicules à essence, ce qui fait du cours un pari à effet de levier sur la production mondiale de véhicules légers. Le platine est mieux réparti — le diesel reste important, mais la joaillerie, les catalyseurs chimiques, les filières de verre, l'électronique et les implants médicaux en consomment également. Ni l'un ni l'autre ne bénéficie de la demande officielle qui soutient l'or : les banques centrales ne détiennent pas de MGP en réserve. Faute de cet acheteur vaste et peu sensible au prix, ils se comportent davantage comme des matières premières industrielles que comme des métaux monétaires.
La substitution entre les deux métaux
Parce qu'ils sont chimiquement proches, le platine et le palladium peuvent partiellement se remplacer l'un l'autre dans un catalyseur. Ce n'est pas une hypothèse de laboratoire mais une décision commerciale courante : quand un métal devient durablement plus cher, les ingénieurs reformulent le revêtement catalytique pour utiliser davantage du moins cher. Le mécanisme a joué dans les deux sens ; lorsque le palladium cotait nettement au-dessus du platine, les constructeurs ont réintroduit du platine dans les catalyseurs essence à grande échelle.
Deux conséquences en découlent. D'abord, les écarts de valorisation extrêmes finissent par se refermer, puisque la différence de prix crée elle-même le déplacement de demande qui la réduit : la substitution agit comme une rétroaction négative intégrée au marché. Ensuite, l'ajustement est lent — reformuler un catalyseur suppose de réétudier et de recertifier, si bien que la réponse se mesure en années et qu'un écart peut rester large longtemps. C'est un ancrage de long terme, pas une règle de négociation.
Le pari hydrogène, propre au platine
Un récit de demande ne concerne que le platine. Dans les électrolyseurs à membrane échangeuse de protons et dans les piles à combustible, le platine sert de catalyseur. Déployées à grande échelle, ces applications ajouteraient un bloc de demande sans rapport avec le moteur thermique.
Il faut le dire honnêtement : c'est un scénario, pas un fait acquis. La quantité de platine absorbée dépend du rythme d'installation des capacités et de l'aptitude des industriels à réduire la charge par cellule ; les deux variables sont ouvertes et les projections divergent largement. Ce que l'on peut affirmer sans spéculer, c'est que l'exposition est asymétrique : le platine dispose d'un canal de croissance non automobile plausible, tandis que le basculement vers des motorisations sans émissions se contente, pour le palladium, de supprimer de la demande.
Une offre très concentrée géographiquement
L'offre est concentrée géographiquement à un degré presque unique parmi les matières premières négociées. Environ 70 % du platine extrait vient d'Afrique du Sud, en très grande majorité du complexe du Bushveld. Pour le palladium, la Russie et l'Afrique du Sud fournissent chacune de l'ordre de 40 % de la production minière, la part russe étant dominée par une seule entreprise opérant en Arctique. Le Zimbabwe, le Canada et les États-Unis se partagent le reste. Une telle concentration crée une fragilité particulière : une grève dans la ceinture platinifère sud-africaine, un délestage électrique national ou une évolution des sanctions frappant le métal russe peuvent chacun retirer en quelques jours une part visible de l'offre mondiale.
S'y ajoute le fait que les MGP sont généralement extraits en production de sous-produit : coproduits d'exploitations de nickel et de cuivre, ou issus de mines profondes dont l'économie repose sur un panier de métaux. La production répond donc mollement au prix — un cours élevé du palladium ne fera pas sortir de métal d'une mine dont le calendrier est dicté par le nickel. Une offre inélastique face à une demande cyclique est une recette éprouvée pour des prix violents. Les données de production nationale sont compilées par l'USGS.
Le recyclage des pots catalytiques usagés
L'offre secondaire pèse ici plus lourd que sur la plupart des marchés de métaux. Les catalyseurs usagés sont collectés à la casse, le monolithe céramique broyé puis fondu, et le platine, le palladium et le rhodium récupérés avec un bon rendement. Ajouté aux résidus de la chimie et de l'électronique, ce flux de recyclage des métaux précieux fournit chaque année une part substantielle du métal disponible.
Le recyclage se comporte tout autrement que la mine : il réagit véritablement au prix, des cotations hautes faisant monter les taux de collecte. Il suit aussi le cycle de mise au rebut : de faibles ventes de voitures neuves donnent une offre recyclée plus faible plusieurs années plus tard. Les cours élevés des MGP ont d'ailleurs fait du vol de pots catalytiques un problème récurrent, y compris en France.
Un marché étroit et des spreads larges
Les deux marchés sont petits : en valeur annuelle, le platine et le palladium réunis ne représentent qu'une fraction modeste du marché de l'or, et la part disponible pour le placement est plus réduite encore. Le spread entre ce que l'on paie et ce que l'on récupérerait à la revente est donc plus large que sur l'or. La prime au-dessus de la valeur métal l'est aussi, les coûts de fabrication se répartissant sur moins d'unités et le risque de stock étant plus élevé sur un marché susceptible de décrocher.
Combiné à la TVA, l'aller-retour sur du platine ou du palladium physique démarre très largement en territoire négatif. La façon honnête d'aborder cela consiste à séparer la valeur métal du reste : le calculateur de valeur de fonte isole le contenu métallique pur et le calculateur de prix de rachat estime ce qu'une vente en dessous du spot rapporte. L'écart entre ces deux nombres est le véritable coût de détention.
Volatilité et risque lié au véhicule électrique
Le platine et le palladium affichent une volatilité très supérieure à celle de l'or, et le palladium figure régulièrement parmi les métaux précieux les plus volatils de tous. Trois facteurs se cumulent : la petite taille du marché, où un flux d'ordres modeste déplace beaucoup le prix ; la dépendance au cycle industriel, qui ajoute un risque de récession que l'or ne porte pas ; et l'offre inélastique, qui transforme toute perturbation en tension. Ceux qui attendent de ces métaux le comportement défensif d'une valeur refuge sont généralement déçus : l'historique ne conforte ce rôle pour aucun des deux.
Au-dessus des variations cycliques se pose une question structurelle : les véhicules électriques à batterie n'ont pas de moteur thermique, donc aucun catalyseur. Dans la mesure où ils remplacent l'essence et le diesel, le premier bloc de demande se contracte de façon permanente et non cyclique. L'exposition est la plus aiguë pour le palladium, qui n'a guère d'autre appui ; le platine est partiellement amorti par la largeur de ses débouchés et par l'hydrogène. Le rythme du basculement fait débat, et les hybrides, qui conservent un catalyseur, compliquent le calcul. Seuls le sens du risque et son caractère structurel peuvent être énoncés ; ce n'est pas une prévision de cours.
Formes de placement : pièces, lingots et ETC
Le platine et le palladium physiques existent dans les mêmes formats que l'or. Des lingots sont produits en poids standard, et plusieurs hôtels des monnaies émettent des versions platine ou palladium de pièces connues — Maple Leaf, American Eagle et Buffalo, Philharmonique, Britannia. Le choix est plus restreint que pour l'or et l'argent, et les tirages sont plus faibles.
Hors métal, des produits cotés adossés physiquement, les ETC, répliquent le prix spot en Bourse. Ils évitent le stockage, l'assurance et, dans la plupart des cas, la TVA due sur le métal physique. La contrepartie tient à la forme juridique : un ETC est un titre de créance, si bien que le porteur supporte un risque émetteur en plus du risque de prix, même lorsque la structure est collatéralisée par du métal alloué. Le profil de risque est différent de celui d'une pièce rangée dans un tiroir, pas plus léger. En France, ces titres relèvent en outre de la fiscalité des valeurs mobilières et non de celle des métaux précieux.
TVA : aucun privilège pour le platine et le palladium
C'est la différence pratique la plus importante avec l'or. L'exonération de TVA de l'or de placement — issue des articles 344 et suivants de la directive TVA et transposée à l'article 298 sexdecies A du code général des impôts — ne vise que l'or d'investissement. Le platine et le palladium sont, au regard de la TVA, des biens ordinaires soumis au taux normal.
En France, cela signifie 20 % de TVA sur la totalité du prix d'achat de lingots de platine ou de palladium. Un particulier ne récupère pas cette taxe : c'est un coût sec que le cours doit rattraper avant qu'une revente n'atteigne l'équilibre. Certaines pièces de collection relèvent du régime de la marge bénéficiaire, où la taxe ne porte que sur la marge du revendeur ; mais le cas standard des lingots reste le taux plein.
| Métal (France) | TVA à l'achat | Base imposable à la revente |
|---|---|---|
| Or de placement | 0 % (CGI art. 298 sexdecies A) | prix de vente ou plus-value, au choix |
| Argent | 20 % (marge possible sur certaines pièces) | prix de vente ou plus-value, au choix |
| Platine | 20 % (lingots ; marge possible sur pièces de collection) | prix de vente ou plus-value, au choix |
| Palladium | 20 % (lingots ; marge possible sur pièces de collection) | prix de vente ou plus-value, au choix |
L'écart n'est d'ailleurs pas seulement de 20 % : la TVA s'ajoute à une prime et à un spread plus larges que sur l'or, les trois se cumulant sur le même aller-retour.
La fiscalité française à la revente
À la revente, en revanche, le platine et le palladium sont traités comme l'or et l'argent. La France applique aux cessions de métaux précieux par un particulier deux régimes entre lesquels le vendeur choisit, cession par cession.
Le premier est la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, à 11,5 % (11 % au titre de la taxe, plus 0,5 % de CRDS), assise sur le prix de vente total et non sur le gain. Elle est due même en cas de perte, ce qui la rend défavorable quand la plus-value est faible ; son avantage est la simplicité, aucun justificatif d'achat n'étant nécessaire.
Le second est le régime des plus-values sur biens meubles, à 36,2 % (19 % d'impôt plus 17,2 % de prélèvements sociaux), assis sur la seule plus-value. Il comporte un abattement de 5 % par année de détention à partir de la troisième année, soit une exonération complète au bout de vingt-deux ans. Il n'est ouvert que si le vendeur peut justifier le prix et la date d'acquisition : facture nominative, bordereau, acte de succession.
Il n'existe en France aucun délai de détention d'un an au-delà duquel la plus-value serait exonérée : la seule dégressivité est celle de l'abattement ci-dessus. Conserver la facture est donc l'acte administratif le plus rentable du dossier. Le calculateur d'impôt compare les deux régimes selon le pays et le scénario de vente. Ces informations ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal : consultez un notaire ou un conseiller fiscal.
Les ratios platine-or et palladium-platine
Deux ratios aident à situer ces métaux. Le ratio platine-or divise le cours du platine par celui de l'or. Pendant une grande partie de l'histoire moderne, le platine a coté au-dessus de l'or ; il cote en dessous depuis de nombreuses années. Un ratio bas dit que le platine est peu cher relativement à l'or, et rien d'autre : un tel rapport peut demeurer à un extrême pendant des années, et aucune force ne le ramène vers sa moyenne.
Le ratio palladium-platine compare directement les deux métaux frères, et c'est le plus instructif, parce qu'un mécanisme économique réel se tient derrière lui : quand le palladium cote nettement au-dessus du platine, l'incitation à substituer du platine dans les catalyseurs essence devient irrésistible, et cette substitution finit par ramener le ratio. L'équivalent pour les métaux monétaires est le ratio or-argent, qui repose sur un principe voisin mais sans la rétroaction de la substitution ; la saisonnalité offre un autre angle. Contexte, pas prévision.
Platine ou palladium ?
Les deux métaux sont de petites niches volatiles à moteur industriel : la question n'est pas de savoir lequel est meilleur, mais à quel jeu de facteurs on s'expose. Le palladium dépend presque entièrement du catalyseur essence et porte le risque de véhicule électrique le plus pur de tous les métaux négociés. Le platine repose sur une base plus large — diesel, joaillerie, chimie, verre, médical — et dispose avec l'hydrogène d'un moteur de long terme possible.
En regard, le platine porte son propre problème de concentration : un seul pays en fournit la majeure partie, avec un long passé de grèves et de coupures d'électricité. L'offre de palladium est répartie entre deux pays, mais l'un d'eux est soumis à un risque de sanctions qui peut changer sur une annonce politique. La substitution relie enfin les deux cours sur la longue durée : un portefeuille qui détient les deux est moins diversifié qu'il n'y paraît. Ce guide ne formule aucune recommandation ni prévision.
Authenticité, stockage et revente
Le contrôle d'une pièce fonctionne comme pour l'or et l'argent : si le diamètre, l'épaisseur et le poids correspondent aux valeurs publiées et que la densité implicite est cohérente, la grande majorité des contrefaçons est déjà écartée. Le platine est plus dense que l'or (environ 21,4 g/cm3 contre 19,3) ; le palladium est bien plus léger, autour de 12,0, d'où une pièce nettement plus grande à poids égal. Le vérificateur d'authenticité des pièces et la référence de poids des pièces contiennent les valeurs cibles.
Comme ces pièces circulent en bien plus petit nombre, les exemplaires de référence sont rares et la documentation compte d'autant plus : une carte d'essai intacte, une facture issue d'un canal traçable et, pour les lingots, une chaîne de possession ininterrompue facilitent la revente — et conditionnent, en France, la possibilité même d'opter pour le régime des plus-values. Le stockage, lui, ne pose pas de difficulté, les deux métaux étant denses. Ce qui demande à être anticipé, c'est la sortie : moins d'acheteurs, des fourchettes plus larges et des rachats parfois réticents rendent la vente plus lente et plus coûteuse qu'avec de l'or.
Ce que ce marché dit et ne dit pas
Le platine et le palladium se tiennent entre deux catégories : ils ont les caractéristiques physiques des métaux précieux, mais leurs prix sont fixés par la demande industrielle, la politique des émissions et l'état d'une poignée de mines. Les traiter comme de petites versions de l'or produit de mauvaises attentes.
Ce qu'il faut retenir est structurel plutôt que prédictif : une offre concentrée dans deux pays et lente à répondre au prix, une demande dominée par une application unique sous pression réglementaire durable, une substitution qui lie les deux cours sur plusieurs années tout en autorisant de larges écarts, un marché étroit où les prix bougent fort sur des flux modestes — et, en France, une TVA de 20 % à l'achat, l'obstacle le plus élevé qu'un acheteur physique ait à franchir. Pour comparaison, la page du cours de l'or et celle du cours de l'argent couvrent les deux grands marchés, et le reste du vocabulaire est rassemblé dans le lexique.
Questions fréquentes
Le platine et le palladium sont-ils exonérés de TVA comme l'or ?
Non. L'exonération prévue par l'article 298 sexdecies A du code général des impôts ne concerne que l'or de placement. Le platine et le palladium sont des biens ordinaires au regard de la TVA et supportent le taux normal, soit 20 % en France, sur la totalité du prix d'achat. Cette taxe est acquittée une seule fois, à l'achat, mais elle n'est pas récupérable par un particulier : le cours doit d'abord la rattraper pour qu'une revente atteigne l'équilibre.
Pourquoi le palladium est-il aussi volatil ?
Parce que la quasi-totalité de sa demande provient d'une seule application — le pot catalytique des moteurs à essence — alors que son offre est concentrée dans une poignée de mines russes et sud-africaines qui ne peuvent pas réagir vite au prix. Le marché est de surcroît minuscule en valeur face à celui de l'or. De faibles variations d'un côté ou de l'autre déplacent donc beaucoup la cotation, et le palladium passe pour l'un des métaux précieux les plus volatils.
Quels sont les métaux du groupe du platine ?
Six métaux chimiquement apparentés : le platine (Pt), le palladium (Pd), le rhodium (Rh), le ruthénium (Ru), l'iridium (Ir) et l'osmium (Os). Seuls le platine et le palladium disposent de produits d'investissement largement diffusés. Les quatre autres forment de petits marchés industriels très spécialisés, presque sans pièces, lingots ni produits cotés. Tous sont cotés à l'international en dollars des États-Unis par once troy.
À quoi servent réellement le platine et le palladium ?
Massivement au traitement des gaz d'échappement : le palladium surtout dans les moteurs à essence, le platine traditionnellement dans le diesel. Au-delà, ils entrent dans la chimie, la verrerie, l'électronique et le matériel médical ; le platine sert en outre en joaillerie et, de plus en plus, dans les électrolyseurs et les piles à combustible. Cette part industrielle élevée les distingue de l'or, acheté avant tout pour être conservé.
D'où viennent le platine et le palladium ?
De très peu d'endroits. Environ 70 % du platine extrait provient d'Afrique du Sud, essentiellement du complexe du Bushveld. Pour le palladium, la Russie et l'Afrique du Sud fournissent chacune de l'ordre de 40 % de la production minière. Le Zimbabwe, le Canada et les États-Unis se partagent l'essentiel du reste. Comme ces métaux sont le plus souvent extraits en sous-produit, la production réagit lentement au prix.
Peut-on acheter du platine et du palladium en pièces ou en lingots ?
Oui. Des lingots existent dans les formats habituels et plusieurs hôtels des monnaies émettent des versions platine ou palladium de pièces d'investissement connues. La gamme est plus étroite que pour l'or et l'argent, les primes et les fourchettes de négociation sont généralement plus larges, et la revente est plus difficile faute de second marché profond. Les produits cotés adossés à du métal constituent l'alternative, mais ce sont des titres de créance porteurs d'un risque émetteur.
Le passage à la voiture électrique menace-t-il la demande ?
Une voiture purement électrique n'a pas de moteur thermique, donc pas de pot catalytique — or c'est de loin le premier débouché des deux métaux. Plus vite elle remplace l'essence et le diesel, plus le risque structurel de demande grandit, surtout pour le palladium, quasiment un métal automobile pur. Le platine dispose d'un contrepoids possible avec l'hydrogène. Il s'agit d'un risque documenté, pas d'une prévision de cours.
Que signifie le ratio platine-or ?
Il divise le cours du platine par celui de l'or et montre comment les deux métaux se valorisent l'un par rapport à l'autre. Pendant de longues périodes, le platine a coté au-dessus de l'or ; il a coté en dessous pendant de nombreuses années plus récemment. Un ratio bas indique que le platine est bon marché relativement à l'or. C'est une mesure de valorisation relative, rien de plus : de tels ratios peuvent rester à un extrême pendant des années.
Comment le prix du platine et du palladium est-il fixé ?
En dollars des États-Unis par once troy. Les références officielles sont le LBMA Platinum Price et le LBMA Palladium Price, établis deux fois par jour de bourse lors d'une enchère électronique. À côté fonctionnent un prix spot continu de gré à gré et un marché à terme. Un investisseur de la zone euro supporte en plus le risque de change EUR/USD.
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- LBMA — LBMA Platinum and Palladium Price (enchères quotidiennes)
- Johnson Matthey — PGM Market Report
- USGS — Platinum-Group Metals Statistics and Information
- World Platinum Investment Council — Platinum Quarterly
- Banque centrale européenne — taux de change de référence de l'euro
- Légifrance — CGI, art. 298 sexdecies A (exonération de TVA de l'or d'investissement)
- Légifrance — CGI, art. 150 VI et suivants (taxe forfaitaire sur les métaux précieux)
- impots.gouv.fr — cession de métaux précieux et de biens meubles
- Directive TVA 2006/112/CE — régime particulier de l'or d'investissement (art. 344 et s.)
Rédigé et tenu à jour par Markus Markert. Contenu éditorial — ni conseil en investissement, ni recommandation d'achat, ni prévision de cours. Les chiffres sont vérifiés auprès de sources officielles et actualisés régulièrement.